NON à « No Billag », une initiative dangereuse pour la région

(image: www.chappatte.com)

La votation du 4 mars sur l’initiative « No Billag » est cruciale pour notre pays: les Suisses devront se positionner sur ce texte qui propose d’interdire tout financement public des radios et des télévisions. L’initiative retire à la Confédération le droit de soutenir l’audiovisuel: l’indépendance des médias risque de disparaître avec la mise aux enchères des concessions radio et TV. La campagne s’annonce animée mais aussi compliquée: premièrement parce que les initiants touchent au porte-monnaie des citoyennes et des citoyens. Economiser 400.- par année? De prime abord, l’idée peut paraître séduisante mais il s’agit d’une fausse économie.

Produire de l’information a un coût: il faut du personnel qualifié et formé, du matériel et des infrastructures pour faire de l’information de qualité. Discerner le vrai du faux, choisir les bonnes sources, analyser un dossier, relater un événement, … ça s’apprend et ça requiert de l’expérience et de la pratique. A l’heure des réseaux sociaux, il est essentiel de préserver une information juste et indépendante pour éviter les « fake-news ». Non, l’information de qualité n’est pas gratuite.

Le faux-procès du service public 

La campagne s’annonce également délicate car elle risque de virer au procès de la SSR. Il y a des choses à revoir dans le fonctionnement du service public: certaines missions et une partie de son financement méritent d’être revues. Le débat est sain, quelque soit le domaine. Toutefois, l’initiative « No Billag » va beaucoup trop loin car elle signe l’arrêt de mort de la SSR. Le 4 mars, nous ne nous prononcerons pas sur le contenu de telle ou telle émission mais sur la disparition pure et simple du service public.

Combien de postes de travail passeront à la trappe? Qu’en sera-t-il des soutiens au cinéma, à la musique ou aux arts? Combien devrons-nous débourser pour suivre un match de la Champions League? La RTS est l’un des derniers médias de service public à diffuser du sport en libre accès. Si c’est un oui qui sort des urnes au printemps prochain, notre pays ressemblera à un désert médiatique. Avec 2 millions d’habitants, la Suisse romande n’a pas un bassin de population assez important pour permettre à un média d’être rentable.

« Soyhières, Soyières, Soyerès »…. comment ça se prononce? 

La SSR n’est pas la seule à être visée par cette initiative: 34 TV et radios en mains privées sont également en danger. 4% de la redevance revient aujourd’hui aux médias locaux, par exemple à RFJ ou Canal Alpha pour le Jura. La somme reçue de la Confédération représente 30 à 70% du budget des médias privés. Si l’initiative « No Billag » est acceptée, ces médias de proximité, qui vous parlent de ce qui se passe chez vous, devront drastiquement réduire leurs prestations: élections, votations, grandes manifestions telles que le Marché-Concours, sport régional,… la couverture de ces événements serait sur la sellette. Des emplois régionaux vont disparaître, la production locale sera en danger. Et les journalistes du crû risquent bien de manquer à l’appel. Estropier la prononciation des noms de villages jurassiens risque malheureusement de devenir monnaie courante.

Pour toutes ces raisons, pour sauvegarder des informations de proximité, pour la cohésion nationale, pour la répartition solidaire entre les régions, il est primordial de voter NON à « No Billag ». 

Pauline Christ Hostettler, chargé de communication du Parti socialiste jurassien

Revue de presse: 

Une association « contre la disparition des radios et TV » a été lancée mi-novembre. Elle regroupe des personnalités politiques de tout bord (sauf l’UDC). Pierre-Alain Fridez en fait notamment partie. L’initiative « No Billag », soumise au vote le 4 mars, aurait des conséquences désastreuses sur le paysage médiatique suisse mais aussi local: la RTS et les 34 radios et TV en mains privées sont visées par ce texte.

https://www.facebook.com/NON-à-linitiative-No-Billag-1950410941867991/

https://non-nobillag.ch

Le Conseiller national Roger Nordmann, Président du Groupe socialiste au Parlement fédéral, a publié mi-novembre un rapport sur les effets économiques pour la Suisse en cas d’acception de l’initiative. Il a aborde notamment la question de la vente aux enchères des différentes concessions. Son texte à retrouver ici: http://rogernordmann.ch/no-billag-texte-brutal-effets-tranchants/.

Un article intéressant sur la consommation des médias selon les générations:

https://www.letemps.ch/suisse/2017/11/24/no-billag-ouvre-fracture-generationnelle

La position du PS Suisse:

https://www.tdg.ch/suisse/ps-dit-initiative-no-billag/story/20943073

https://www.sp-ps.ch/fr/publications/communiques-de-presse/le-ps-dit-non-la-destruction-du-paysage-mediatique-suisse

Trois Gouvernements cantonaux s’opposent au texte: 

https://www.rts.ch/info/regions/vaud/9126858-trois-gouvernements-romands-s-opposent-a-l-initiative-no-billag-.html

Les tenants et aboutissants de l’initiative expliqués ici par Canal 9, télévision valaisanne 

Redevance Radio-TV: «No Billag» veut interdire à la Confédération suisse de financer un service public, sauf en temps de guerre

Delémont, le 23 novembre 2017 / pch

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