Unis pour défendre les médias de proximité

Un comité jurassien vient de se former contre l’initiative No Billag soumise au vote le 4 mars prochain. Des personnalités du monde politique, économique, sportif, associatif et culturel se mobilisent pour éviter l’appauvrissement du paysage médiatique, pour garantir le bon fonctionnement démocratique ainsi que pour sauvegarder de nombreux emplois. Le canton du Jura a besoin de ses médias radio et TV!

Le communiqué de presse à lire ici: 20171221 CP création comité jurassien Non à No Billag

 

Delémont, le 21 décembre 2017 /pch

NON à « No Billag », une initiative dangereuse pour la région

(image: www.chappatte.com)

La votation du 4 mars sur l’initiative « No Billag » est cruciale pour notre pays: les Suisses devront se positionner sur ce texte qui propose d’interdire tout financement public des radios et des télévisions. L’initiative retire à la Confédération le droit de soutenir l’audiovisuel: l’indépendance des médias risque de disparaître avec la mise aux enchères des concessions radio et TV. La campagne s’annonce animée mais aussi compliquée: premièrement parce que les initiants touchent au porte-monnaie des citoyennes et des citoyens. Economiser 400.- par année? De prime abord, l’idée peut paraître séduisante mais il s’agit d’une fausse économie.

Produire de l’information a un coût: il faut du personnel qualifié et formé, du matériel et des infrastructures pour faire de l’information de qualité. Discerner le vrai du faux, choisir les bonnes sources, analyser un dossier, relater un événement, … ça s’apprend et ça requiert de l’expérience et de la pratique. A l’heure des réseaux sociaux, il est essentiel de préserver une information juste et indépendante pour éviter les « fake-news ». Non, l’information de qualité n’est pas gratuite.

Le faux-procès du service public 

La campagne s’annonce également délicate car elle risque de virer au procès de la SSR. Il y a des choses à revoir dans le fonctionnement du service public: certaines missions et une partie de son financement méritent d’être revues. Le débat est sain, quelque soit le domaine. Toutefois, l’initiative « No Billag » va beaucoup trop loin car elle signe l’arrêt de mort de la SSR. Le 4 mars, nous ne nous prononcerons pas sur le contenu de telle ou telle émission mais sur la disparition pure et simple du service public.

Combien de postes de travail passeront à la trappe? Qu’en sera-t-il des soutiens au cinéma, à la musique ou aux arts? Combien devrons-nous débourser pour suivre un match de la Champions League? La RTS est l’un des derniers médias de service public à diffuser du sport en libre accès. Si c’est un oui qui sort des urnes au printemps prochain, notre pays ressemblera à un désert médiatique. Avec 2 millions d’habitants, la Suisse romande n’a pas un bassin de population assez important pour permettre à un média d’être rentable.

« Soyhières, Soyières, Soyerès »…. comment ça se prononce? 

La SSR n’est pas la seule à être visée par cette initiative: 34 TV et radios en mains privées sont également en danger. 4% de la redevance revient aujourd’hui aux médias locaux, par exemple à RFJ ou Canal Alpha pour le Jura. La somme reçue de la Confédération représente 30 à 70% du budget des médias privés. Si l’initiative « No Billag » est acceptée, ces médias de proximité, qui vous parlent de ce qui se passe chez vous, devront drastiquement réduire leurs prestations: élections, votations, grandes manifestions telles que le Marché-Concours, sport régional,… la couverture de ces événements serait sur la sellette. Des emplois régionaux vont disparaître, la production locale sera en danger. Et les journalistes du crû risquent bien de manquer à l’appel. Estropier la prononciation des noms de villages jurassiens risque malheureusement de devenir monnaie courante.

Pour toutes ces raisons, pour sauvegarder des informations de proximité, pour la cohésion nationale, pour la répartition solidaire entre les régions, il est primordial de voter NON à « No Billag ». 

Pauline Christ Hostettler, chargé de communication du Parti socialiste jurassien

Revue de presse: 

Une association « contre la disparition des radios et TV » a été lancée mi-novembre. Elle regroupe des personnalités politiques de tout bord (sauf l’UDC). Pierre-Alain Fridez en fait notamment partie. L’initiative « No Billag », soumise au vote le 4 mars, aurait des conséquences désastreuses sur le paysage médiatique suisse mais aussi local: la RTS et les 34 radios et TV en mains privées sont visées par ce texte.

https://www.facebook.com/NON-à-linitiative-No-Billag-1950410941867991/

https://non-nobillag.ch

Le Conseiller national Roger Nordmann, Président du Groupe socialiste au Parlement fédéral, a publié mi-novembre un rapport sur les effets économiques pour la Suisse en cas d’acception de l’initiative. Il a aborde notamment la question de la vente aux enchères des différentes concessions. Son texte à retrouver ici: http://rogernordmann.ch/no-billag-texte-brutal-effets-tranchants/.

Un article intéressant sur la consommation des médias selon les générations: (24 novembre 2017)

https://www.letemps.ch/suisse/2017/11/24/no-billag-ouvre-fracture-generationnelle 

La position du PS Suisse:

https://www.tdg.ch/suisse/ps-dit-initiative-no-billag/story/20943073

https://www.sp-ps.ch/fr/publications/communiques-de-presse/le-ps-dit-non-la-destruction-du-paysage-mediatique-suisse

Plusieurs gouvernements cantonaux s’opposent au texte: (14 décembre 2017)

https://www.rts.ch/info/regions/vaud/9126858-trois-gouvernements-romands-s-opposent-a-l-initiative-no-billag-.html

Le communiqué de presse du canton du Jura: (7 décembre 2017)

https://www.jura.ch/CHA/SIC/Centre-medias/Communiques-2017/No-Billag-non-a-un-appauvrissement-du-paysage-mediatique-et-a-la-disparition-de-milliers-d-emplois.html

https://www.letemps.ch/suisse/2017/12/14/face-no-billag-cantons-peripheriques-se-mobilisent

La Conférence des gouvernements de Suisse occidentale (CGSO) ne veut pas de No Billag (mardi 19 décembre)

https://www.24heures.ch/suisse/suisse-romande/cantons-romands-no-billag/story/19753463

Les tenants et aboutissants de l’initiative expliqués ici par Canal 9, télévision valaisanne 

Redevance Radio-TV: «No Billag» veut interdire à la Confédération suisse de financer un service public, sauf en temps de guerre

Delémont, le 19 décembre 2017 / pch

Réforme de la péréquation financière: éviter les pertes pour le Jura

La réforme de la péréquation financière ne doit pas se faire sur le dos des cantons à faible potentiel de ressources. Le Conseiller aux Etats Claude Hêche vient de déposer une interpellation qui demande au Conseil fédéral de préciser les enjeux et les principes de base de la réforme de la péréquation financière entre la Confédération et les cantons. La réforme doit entrer en vigueur en 2020 et le Jura pourrait subir de fortes pertes financières.

L’interpellation à lire ici: Interpellation péréquation financière CH ok

Politique d’achats de la Confédération: comment intégrer les entreprises régionales? 

Claude Hêche a également interpellé le Conseil fédéral sur sa politique en matière d’achats. La Confédération établit des catalogues standardisés pour les achats de l’administration. Toutefois, certaines entreprises régionales n’y ont pas accès, faute de taille suffisante.

L’interpellation à lire ici: Interpellation politique achats CH ok

Delémont, le 14 décembre 2017 / pch

Budget, poste, pistes cyclables, service civil… une session d’hiver bien remplie

La session d’hiver des Chambres fédérales a débuté le 27 novembre. Voici quelques points forts de la session avec notamment les différentes interventions de nos élus socialistes aux Chambres fédérales.

La présidence en mains socialistes 

Le Conseiller fédéral Alain Berset a été élu le 6 décembre à la présidence du Conseil fédéral: https://www.sp-ps.ch/fr/publications/communiques-de-presse/felicitations-monsieur-le-president

Défendre un service public de qualité 

La Poste occupe également toujours les élu-e-s à Berne. Les discussions ont été animées. Les sénateurs ont notamment soutenu deux textes du Conseil national qui demandent que les critères qui mesurent l’accessibilité d’un office postal soit fixées au niveau régional.

Tous les détails des débats sur La Poste ainsi que les différentes intervention de Claude Hêche ici: https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-Amtliches-bulletin#Default=%7B%22k%22:%22PdSubjectSpeakerPersonNumbers:3916%22%7D

Les sénateurs se penchent sur le vélo et les pistes cyclables 

Le Conseil des Etats s’est penché pour la première fois sur l’initiative Pro Vélo. Le texte, déposé au 2016, demandait que le vélo soit encouragé en Suisse au même titre que les chemins et sentiers pédestres via une modification de la Constitution. Les sénateurs ont choisi de soutenir le contre-projet direct du Conseil fédéral, qui reprend l’essentiel des propositions de l’initiative mais sans le caractère contraignant pour les collectivités publiques. Le Conseiller aux Etats Claude Hêche a émis quelques réserves au contre-projet mais l’a tout de même soutenu: « c’est un coup de pédale dans le bon sens » a-t-il déclaré. Les détails de son intervention ici:

https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=41670

Le dossier part maintenant au Conseil national. C’est ensuite le peuple qui tranchera, au plus tôt en 2018 mais au plus tard en 2021.

Il faut défendre le service civil 

Le Conseil des Etats a également parlé du service civil. Les sénateurs se sont opposés au transfert de l’organe d’exécution du service civil du Département fédéral de l’économie vers celui de la Défense. Claude Hêche a pris la parole pour dénoncer l’acharnement de certains parlementaires « à compliquer, voire à défaire, un service qui fonctionne bien, dont l’utilité est reconnue  et qui est largement soutenu par la population ». L’entier de son intervention à lire ici: https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=41797

 

Sources: www.parlament.ch / www.rts.ch / www.24heures.ch 

Delémont, le 7 décembre 2017 / pch

 

 

 

Caisses-maladie: la lutte continue

Comme chaque année la publication des augmentations des primes de caisse-maladie a relancé le débat et suscite grogne ainsi qu’une légitime incompréhension. Notre système totalement opaque charge nombre d’assurés de manière inacceptable, également au sein de la classe moyenne qui ne peut compter sur aucune subvention. Si l’on additionne prime annuelle et franchise, un assuré doit débourser plus de 5000.-Fr avant que sa caisse ne verse quoique que ce soit pour lui. Et il lui reste encore à payer par la suite la participation de 10%… et plus personne ne s’étonne qu’aujourd’hui en Suisse des personnes soient contraintes de devoir renoncer à se faire soigner. Une situation inacceptable.

Deux initiatives populaires qui vont dans la bonne direction

Ces deux propositions législatives visent à la correction du système. Je suis prudent, car ces textes apportent des solutions intéressantes à certains sujets, mais leur influence sur la question des coûts restera mesurée. C’est un début.

Initiative pour une liberté d’organisation des cantons

Cette initiative propose d’offrir la possibilité aux cantons qui le souhaiteront d’organiser leur système d’assurance autour d’une prime unique cantonale, tout en maintenant bien entendu les possibilités d’opter entre différentes franchises et systèmes d’assurances, comme maintenant (médecin de famille, consultation téléphonique obligatoire avant de voir son médecin par exemple). Mais avec la même prime pour des prestations comparables dans le même canton.

La prime cantonale serait fixée en toute transparence, sur la base des coûts réels, en fin d’année pour l’année suivante, et l’exécution des tâches administratives déléguée aux caisses-maladie existantes, dans l’esprit de ce qui se passe aujourd’hui avec l’assurance chômage. Ce système aurait l’avantage de mettre fin au système aberrant de la pseudo-concurrence entre les caisses qui nous fait payer aujourd’hui des primes parfois très différentes pour en finalité les mêmes prestations obligatoires figurant dans le catalogue de la LAMal. Et la question des réserves qui ne suivent pas l’assuré dans sa nouvelle caisse deviendrait obsolète.  Prévention et promotion de la santé seraient enfin érigées en priorités : quand on sait que les maladies chroniques non transmissibles (diabète et HTA notamment) représentent depuis des années un problème crucial, cette opportunité prend tout son sens.

Initiative pour un Parlement indépendant des caisses-maladie

Il est de notoriété publique que plusieurs parlementaires fédéraux, en particulier membres des commissions de la santé des deux conseils, ont des relations financières avec le lobby des caisses-maladie. En quand on sait que les caisses-maladie en question accomplissent leurs tâches dans le cadre de l’assurance obligatoire des soins sur mandat de la Confédération et que in fine le Parlement exerce la haute surveillance sur l’ensemble du système, il y a un mélange des genres pour le moins dérangeant. Surtout par exemple lorsque le Parlement légifère sur la surveillance des caisses-maladie.

Le texte de l’initiative prévoit que les parlementaires ne pourraient plus à l’avenir siéger dans l’organe d’administration, de direction ou de surveillance d’un assureur autorisé à pratiquer  l’assurance maladie sociale, ni recevoir une quelconque rémunération de leur part. Il faut mettre un terme à ce véritable scandale, qui est comparé par d’aucuns à une forme de trafic d’influence.

Et les coûts de la santé…

Même si une prime unique cantonale est susceptible de déboucher sur quelques économies (100 à 200 millions sont dépensés chaque année en Suisse pour les changements de caisse, le nouveau système nécessiterait beaucoup moins de réserves, fin de la publicité…), elle ne représentera pas la solution miracle pour contenir enfin la progression quasi inéluctable des coûts de la santé. Des coûts élevés, mais pour des prestations de qualité, il ne faut cependant pas l’oublier. Et les causes  de cette augmentation sont connues : le vieillissement de la population avec son lot de maladies dégénératives chroniques et de dépendance, les progrès thérapeutiques et technologiques, souvent aux tarifs faramineux, la demande des patients toujours plus exigeants…

Il faut tenter d’agir sur cette envolée des prix et des coûts, c’est évident, mais vu l’ampleur des sommes en jeu le grand problème réside aujourd’hui avant tout dans le mode de financement. La caisse-maladie est la seule assurance sociale qui repose sur une prime par tête, ce qui est en fait injuste. La même prime pour tout le monde, mais l’effort demandé à chacune et à chacun n’est pas comparable, car il dépend de la situation financière personnelle. Et aujourd’hui, ce système a atteint ses limites. De nouvelles sources de financement s’imposent : soit un plus grand recours aux produits de l’impôt en fixant de nouvelles priorités dans les budgets publics, pour payer les coûts ou pour subventionner plus largement les plus pauvres et aider également la classe moyenne, soit trouver de nouvelles ressources, par exemple un petit prélèvement sur les transactions financières…Une ancienne bonne idée… Mais avec les majorités actuelles au Parlement, cela risque de rester un vœu pieu pour longtemps encore…

Alors pour l’heure, je vous invite déjà à signer les deux initiatives…

Pierre-Alain Fridez, conseiller national, membre des deux comités d’initiative

Fontenais, le 30 novembre 2017

 

Le Jura a ENFIN un salaire minimum! 

(source: Infrarouge – RTS)

Après 10 ans de combats et de rebondissements, le Parlement jurassien a accepté mercredi en deuxième lecture la loi sur le salaire minimum. Le montant a été fixé à 20 francs de l’heure. « ça peut paraître bas mais c’est un montant qui pourra améliorer le salaire de centaines de personnes qui se lèvent tous les matins pour bosser » a déclaré le président du PSJ sur les réseaux sociaux. Pour Loïc Dobler, «c’est plus qu’une victoire compte tenu des forces en présence dans le Parlement ».

C’est finalement le référendum facultatif qui a été choisi alors que la droite voulait un référendum obligatoire.

Pour rappel, les Jurassiens avaient accepté en 2013 l’initiative « Un Jura aux salaires décents ». Le Parlement avait refusé deux fois d’entrer en matière sur le sujet puis il avait été rappelé à l’ordre par la Cour constitutionnelle qui avait accepté un recours du PSJ.

Plus de pension à vie pour les ministres 

Les membres du Gouvernement toucheront une indemnité par année de fonction. Le Parlement a choisi mercredi ce système en acceptant en 2e lecture la loi sur la prévoyance des ministres. Ils toucheront 55’000.- par année de mandat.

La gauche proposait elle d’augmenter le salaire des ministres. L’argumentaire de Jean Bourquard: PLT 22.11.2017 Pt

Prestations complémentaires pour la famille: le Parlement choisit la solution la moins chère

Le Parlement n’a pas suivi la gauche et a privilégié la solution la moins coûteuse pour l’initiative du PCSI « prestations complémentaires pour les familles ». La majorité de droite a approuvé le contre-projet du Gouvernement qui préfère payer une partie des primes maladie aux foyers en difficulté plutôt que d’introduire des prestations complémentaires pour les familles.

Le groupe socialiste n’était pas favorable au contre-projet. « Le renforcement des subsides pour les primes d’assurances maladie allègera certes la charge des frais de santé des familles concernées. Mais cela ne leur permettra pas de sortir de l’impasse » a déclaré à la tribune Rosalie Beuret. « Les PC familles n’offrent pas seulement un bol d’air, elles sont une solution pour sortir de la pauvreté des familles qui je le rappelle travaillent. Les PC familles offrent de la dignité permettant une sortie de l’aide sociale. Enfin, les PC familles offrent des perspectives notamment pour les enfants » a détaillé la députée socialiste de Porrentruy. L’entier de son intervention à retrouver ici: 171122_InterventionPC_familles

C’est finalement le peuple qui devra se prononcer si les initiants ne retirent pas l’initiative sous 30 jours.

Toujours pas d’achats tests d’alcool

La majorité de droite a refusé la motion de Murielle Macchi-Berdat qui demandait l’introduction des achats tests d’alcool. Le Jura restera le seul canton suisse opposé à cette pratique. L’argumentaire du groupe socialiste en faveur de ces tests à lire ici: M – achats tests alcool – Developpement_2017_PSJ

En bref:

A noter encore que le Parlement a accepté la motion interpartis transformée en postulat de la députée Josiane Daepp « Logement d’utilité publique: nécessaires mesures d’encouragement ». Tous les détails ici: Argumentation – definitif 2- l ogement d’utilité publique

Pour en savoir davantage encore: 

Toutes les décisions du Parlement, en bref, sont à retrouver ici: https://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Region/20171122-Le-Parlement-en-bref.html

Ou sur le site jura.ch: https://www.jura.ch/PLT/Calendrier-des-seances-plenieres.html

Sources: www.rfj.ch et www.arcinfo.ch + ATS

Delémont, le 22 novembre 2017 / Pch

Europe: le socialisme a beaucoup de bobos

Analyse et état les lieux du socialisme en Europe, par Jean-Claude Rennwald, politologie, militant socialiste et syndical

En recueillant 20,5 % des voix aux élections allemandes, le SPD (Parti social-démocrate) a réalisé son plus mauvais score depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Même constat pour le Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ), qui a obtenu moins de 27 % des suffrages en octobre, alors qu’il en récoltait plus de 40 % début des années 90. Ces échecs ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Dans presque toute l’Europe occidentale, le socialisme est au plus mal.

Que d’échecs… 

D’autres élections étayent cette affirmation :

• Pour la deuxième fois, les travaillistes viennent de perdre les élections en Norvège.

• Aux Pays-Bas, le Parti travailliste a perdu 29 sièges en mars, et il n’en détient plus que 9 (sur 150) au Parlement national.

• Le PS français n’est plus l’ombre que de lui-même.

• Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a subi sa plus lourde défaite depuis la transition démocratique lors des élections de 2016.

• Le Parti socialiste italien a été dissous en 1994 et le Parti démocrate, construction où se mêlent anciens du PC et de la Démocratie-chrétienne, sociaux-démocrates et sociaux-libéraux, est en mauvaise posture pour 2018.

• En Grèce, le PASOK a plafonné à 6 % des voix en 2015.

Contre l’Etat social (inter)

Ces reculs, qui touchent aussi les « partis de gouvernement » de droite, relèvent de particularités nationales, mais aussi de causes communes :

• La trop faible attention portée aux effets négatifs de la mondialisation : dumping social, délocalisations, chômage de masse.

• La croyance qu’une flexibilité du travail toujours plus poussée (Code du travail en France) et l’affaiblissement de l’Etat social (« réformes » Schröder en Allemagne, qui ont généré 7 millions de précaires) soutiendra la croissance.

• La participation à de grandes coalitions – Allemagne et Autriche- qui finit par gommer l’identité social-démocrate, comme la participation inconditionnelle au Conseil fédéral.

Adhésion au national-populisme 

Ces politiques ont des conséquences :

• Le relâchement des liens entre les partis socialistes et les syndicats.

• La montée du national-populisme  (dont l’Alternative für Deutschland (AfD) et le FPÖ autrichien sont les derniers exemples), qui attire une partie des travailleurs. Même phénomène aux Etats-Unis, où de nombreux salariés, abandonnés par les démocrates, ont voté pour Trump.

• La progression de la gauche radicale : Die Linke en Allemagne, France insoumise, Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce.

Des prolos aux bobos et aux bos 

Ces évolutions sont aussi le produit de transformations sociétales, la classe ouvrière classique (mécaniciens, maçons) voyant son poids diminuer, au profit du « prolétariat des services » (vendeuses, travailleurs de la restauration et du nettoyage) et de la nouvelle classe moyenne : ingénieurs, enseignants, travailleurs sociaux et culturels. Ces derniers – les bobos (bourgeois bohèmes) – jouent un rôle croissant au sein des PS européens. Ils mettent l’accent sur les sujets de société (environnement, culture, procréation assistée), au détriment des revendications traditionnelles (salaires, temps de travail, sécurité sociale) du mouvement ouvrier. Ce phénomène relève aussi de la croyance qu’un électorat bourgeois (les bos) centriste peut être attiré par des politiques de libéralisation. La composition des classes populaires, au sein desquelles les immigrés pèsent d’un poids toujours plus important mais ne votent souvent pas, a favorisé ce changement. Pour Lénine, le gauchisme était « la maladie infantile du communisme ». En 1968, Daniel Cohn-Bendit lui répliqua en publiant « Le Gauchisme : Remède à la maladie sénile du communisme ». Dira-t-on bientôt que le « boboïsme » est la maladie chronique du socialisme ? Ce serait aller trop vite en besogne, car la situation varie d’un pays à l’autre. En Suisse, ces changements ne se font pas trop sentir au sein du PS, même si le débat sur les retraites a montré que le fait de travailler plus longtemps était moins important pour une femme cadre que pour une vendeuse ou une horlogère. Et le PS suisse subit aussi une érosion, puisqu’il recueille 17 à 18 % des voix, contre 25 % en 1975.

Lueurs d’espoirs 

En Suède, après un repli libéral synonyme de hausse des inégalités, les sociaux-démocrates ont relancé l’Etat social et revalorisé de nombreuses prestations : enfants, logement, chômage. D’autres lueurs d’espoir viennent de Grande-Bretagne, où le Parti travailliste de Jeremy Corbyn, qui a mobilisé les jeunes, a progressé aux dernières élections, en menant une politique fondée sur les services publics et le retour de l’Etat pour lutter contre les inégalités, ainsi que du Portugal, où le PS conduit une politique foncièrement de gauche, avec le PC et le Bloc de gauche. Celle-ci a favorisé une relance de la croissance et des salaires. En Islande, l’unité a payé, puisqu’une coalition de quatre partis de gauche vient de remporter la majorité absolue au Parlement. Le succès de la gauche passe par un retour à ses fondamentaux, par un internationalisme combinant libre-échange et protection sociale renforcée, par une lutte résolue contre le « précariat », par une économie écosociale, par une maîtrise du numérique et par la reconstruction d’une alliance entre les milieux populaires et la nouvelle classe moyenne. Alliance qui a fait les beaux jours de la social-démocratie nordique et du gouvernement Jospin.

Courrendlin, le 22 novembre 2017 / JCR

Elections communales: beau succès du PSJ

Les élections communales du weekend dernier ont été un grand succès pour le Parti socialiste jurassien. En effet, dans de nombreuses communes jurassiennes, les socialistes jurassiens ont augmenté leur représentation.

Déjà après le dépôt des listes en septembre, les mairies de Courrendlin et Courtételle sont revenues en mains socialistes. Il s’agissait là d’un bon présage pour la suite des résultats (http://www.psju.ch/2017/09/deja-trois-mairies-pour-le-psj/). Un présage qui s’est confirmé dans plusieurs communes.

Ainsi, la majorité a basculé à gauche à Delémont aussi bien au Conseil communal qu’au Conseil de Ville. Une situation pas si fréquente que cela que l’on peut sans conteste attribuer à un travail remarquable des partis de gauche et spécialement du Parti socialiste delémontain qui a su rebondir après des résultats mitigés lors des derniers rendez-vous électoraux. Avec un groupe socialiste renforcé au législatif (gain de 2 sièges) ainsi que l’élection de Claude Schlüchter au Conseil communal qui rejoint la sortante Murielle Macchi-Berdat (meilleure score des élu-e-s au Conseil communal), le succès est entier.

Même chose à Porrentruy où Julien Loichat, qui, en plus d’améliorer son score à la Mairie en comparaison à la dernière tentative il y a cinq ans, réussit un véritable carton au Conseil municipal. Tout comme sa colistière Rosalie Beuret qui permet au PS de Porrentruy de gagner un siège à l’exécutif de la Ville bruntrutaine. A ce succès s’ajoute encore le gain d’un siège au Conseil de Ville. Comme à Delémont, le résultat obtenu par les socialistes de la cité des Princes-Évêques est remarquable.

En Haute-Sorne, malgré une campagne au climat délétère, les deux sortants Etienne Dobler et Rose-Marie Allemann réalisent les deux meilleurs scores au Conseil communal derrière un élu démocrate-chrétien. Au Conseil général, le PSHS gagne également un siège supplémentaire.

Si l’on ajoute à cela le gain de deux sièges au Conseil général des Bois, le Parti socialiste a ainsi progressé dans tous les législatifs communaux de la République et Canton du Jura. Un résultat qui démontre le travail exceptionnel réalisé par les sections ainsi que la volonté des Jurassiennes et Jurassiens de voir une autre politique être appliquée dans notre canton.

Au niveau des exécutifs également, des sièges ont été gagnés dans les communes suivantes : Courroux, Le Noirmont, Fontenais ou encore Pleigne.

Vous retrouverez la liste des élu-e-s socialistes (mairies, conseils communaux et conseils de ville / conseils généraux) ici:Liste des élu-e-s du PSJ pour le ste

Le PSJ tient à remercier l’ensemble des candidates et candidats aux élections communales. Ils ont su insuffler une vraie dynamique qui nous réjouit particulièrement. Elu-e-s ou non au soir du 22 octobre, nous aurons besoin de toutes et tous pour mener les futures échéances qui nous attendent. Car il s’agit en effet pour nous de maintenir cette dynamique et même de la renforcer en vue des futures échéances électorales. Plus que jamais, le Jura a besoin d’un Parti socialiste fort, ambitieux et résolument tourné vers l’avenir de notre région.

Avec mes salutations solidaires, Loïc Dobler, président du PSJ

Delémont, le 27 octobre 2017

La loi sur le salaire minimum acceptée… OUI mais…

Après Neuchâtel, le Jura pourrait bientôt se doter d’une loi sur le salaire minimum. Le Parlement jurassien l’a acceptée mercredi en première lecture à l’unanimité. La majorité de droite du Parlement a souhaité que le loi soit soumise à référendum obligatoire. Le peuple devra certainement se prononcer une nouvelle fois. Les élus de droite ont imposé leur choix sur tous les points. « Une nouvelle fois, il n’y a aucune volonté de discuter sur ce sujet. La droite veut simplement retourner aux urnes pour dire aux citoyens de refuser le salaire minimum, c’est détestable! » a déclaré le président du PSJ Loïc Dobler sur les ondes d’RFJ. « En tant qu’élu, on a une responsabilité de trouver une solution qui convienne à une majorité au Parlement et qui aille dans le sens de la population jurassienne. Aujourd’hui, ce n’est pas du tout ce à quoi on a assisté… on est bien loin de ce qu’on peut attendre d’un Parlement digne de ce nom! ».

https://www.rts.ch/info/regions/jura/9029502-la-loi-sur-le-salaire-minimum-a-ete-adoptee-par-le-parlement-jurassien.html

Question jurassienne: la fin d’un cycle de notre histoire

L’abrogation de l’arrêté qui a permis la création de l’AIJ, l’Assemblée interjurassienne, le 25 mars 1994, a été accepté hier par les député-e-s. La question jurassienne est institutionnellement résolue.

La position du groupe socialiste: Abrogation de l’Accord du 25 mars 1994

Retraites: les ministres ne toucheront plus de rente à vie

Le Parlement a accepté mercredi en première lecture la nouvelle loi sur la prévoyance des membres du Gouvernement (30 voix contre 0 et 26 abstentions). Les retraites seront revues à la baisse et la règle des rentes à vie est abolie.

article7

Les questions orales: 

Mélanie Brulhart est montée à la tribune pour faire part de son étonnement de voir que le Jura devrait mettre gratuitement à disposition des policiers pour les Jeux Olympiques de Sion en 2026.

QO octobre 2017

Nicolas Maître a lui demandé quand le prochain vétérinaire cantonal serait nommé: Qo_20171025_Veterinaire_ad interim_Nm

Une motion sur l’égalité des salaires

Le groupe socialiste a déposé une motion qui demande que la charte fédérale pour l’égalité salariale soit appliquée dans les entreprises mandatées par le Canton et celles subventionnées également. Cette charte a été signée en septembre de l’année passée.

Motion égalité salariale oct 2017 MB

Delémont, le 26 oct 2017 / pch (sources: RFJ.CH, RTS.CH et Le Quotidien jurassien)

 

Courrendlin – La Rouge

La couleur dominante est désormais le rouge à Courrendlin. A partir du début 2018, le Parti socialiste disposera en effet de la majorité absolue (le maire et trois conseillers, sur un total de sept élus) au conseil communal de Courrendlin. Une première dans l’histoire !

Cette situation est certes le résultat d’élections tacites, mais celles-ci traduisent malgré tout un changement des rapports de force dans l’une des principales communes du Canton du Jura. Jugée sur le long terme, cette évolution est phénoménale, puisque durant quelque 150 ans, le Parti libéral-radical (PLR) régna en maître absolu sur Courrendlin et fonctionnant comme le porte-parole des cadres de Von Roll-Choindez, lesquels étaient pratiquement tous Alémaniques, radicaux et antiséparatistes. Ce qui explique pourquoi, en 1959, Courrendlin s’était rangé dans le camp du « non » lors de la votation sur l’initiative du Rassemblement jurassien qui demandait l’organisation ultérieure d’un plébiscite dans le Jura. Mais quinze ans plus tard, les autonomistes prenaient leur revanche, Courrendlin disait trois fois « oui » au Jura lors du plébiscite de 1974 et des sous-plébiscites de 1975.

Le changement socio-politique et social intervint trois ans plus tard, puisqu’en 1977, Edmond Fridez devint le premier socialiste élu à la mairie de Courrendlin. Depuis, ladite mairie a été l’objet d’une sorte d’alternance entre le PS et le PDC, ces forces ayant aussi été celles qui menèrent Courrendlin sur le chemin de l’indépendance cantonale. Forte de cette riche histoire, Courrendlin entend désormais jouer un rôle moteur dans le développement d’un Jura social et ouvert et pour une intégration réussie de Moutier au sein de la République jurassienne.

Courrendlin, octobre 2017 / Jean-Claude Rennwald