Une personne sur sept incommodée en Suisse par le bruit routier

Quelles mesures sont prévues en Suisse pour lutter contre les nuisances sonores dues au trafic routier? Et dans quels délais? Le conseiller aux Etats Claude Hêche a interpellé cette semaine le Conseil fédéral à ce sujet. Plus d’un million de personnes sont exposées en Suisse aux nuisances sonores dues à la circulation routière. Ce chiffre ressort du rapport 2018 sur la pollution sonore dans notre pays (à lire ici: https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/bruit.html). Plus de 90% des personnes touchées par le bruit routier habitent dans les villes et les agglomérations.

Photo: carte de l’Office fédéral de l’environnement qui illustre les zones géographiques concernées par le bruit routier (ici à Delémont et environs)

Plusieurs actions ont déjà été entreprises mais des efforts importants doivent encore être consentis, explique Claude Hêche dans son interpellation. En terme de coûts, les nuisances du bruit routier représentent 2 milliards de francs par année (répercussions sur la santé – 55% et perte de valeur immobilière – 45%). Les répercussions peuvent être graves pour les personnes exposées en permanence aux nuisances sonores: troubles du sommeil, difficultés d’apprentissage ou encore diminution des performances. Les bâtiments qui se situent dans des zones très bruyantes perdent de leur valeur. Les conséquences sociales sont également préoccupantes.

L’interpellation est à lire ici:

Le Conseil fédéral devrait communiquer sa réponse fin février 2019.

Delémont, le 13 décembre 2018 /pch

Haute-Sorne: améliorer la communication

L’assemblée générale du PS Haute-Sorne veut que la communication avec la population soit améliorée dans la commune pour mieux mettre en valeur le travail des élu-e-s. A noter également qu’un nouveau comité de la section entrera en fonction l’année prochaine.

Le communiqué de presse à lire ici:

Assemblée du Parti socialiste de Haute-Sorne

Delémont, le 6 décembre 2018 / pch

Congrès du PSS: pas qu’une balade!

Le PSS tenait Congrès à Windisch (AG) les 1 et 2 décembre dernier. Un banal congrès, genre grand-messe d’autosatisfaction ? Et donc une petite balade sympa pour qui s’y rendrait. Est-ce cela que se sont imaginé les sections chargées de déléguer des représentant-e-s ? Peut-être … seuls parmi les 450 délégués, deux Jurassiens ont fait le déplacement … et ont siégé à côté des deux délégué-e-s du PSJB. En toute harmonie !, parmi 450. 

Au menu du samedi, les discours bien informatifs et chaleureux de nos hôtes (actifs et efficaces, nos camarades argoviens !), puis le discours d’ouverture du Président Chistian Levrat. Très politique, très engagé, très militant. Une bonne première dose de doctrine (pas sectarisme). Un autre Fribourgeois, le Président de la Confédération, Alain Berset, a fait un état des lieux. L’émotion qui l’a étreint au moment de mentionner la rencontre la plus marquante de son année présidentielle – la visite d’un camp d’enfants réfugiés Rohyngas – a été communicative, pour le moins ! 

Le gros morceau du Congrès, c’était l’adoption d’un nouveau Concept économique. Elaboré de façon très participative – des milliers de propositions individuelles et de sections cantonales et locales, quatre grands ateliers réunissant plus de 150 personnes de toutes fonctions sous la houlette de 4 grands pilotes, 95 amendements soumis à discussion au Congrès, plus de 2 ans de travail intense de réflexion, d’analyse, de proposition – le document « Notre économie – Pour une politique économique durable » a fait l’objet de discussions intéressantes à défaut d’être animées et a finalement été adopté à une quasi unanimité des délégué-e-s locaux, Jeunesse socialiste, PS+60 (seniors), Femmes socialistes compris. 

Le discours de Liliane Maury-Pasquier, Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Conseillère aux Etats (GE) a illustré l’importance de la présence et de l’engagement de notre pays dans les institutions extérieures. Elle s’exprimait sur le thème : « La Suisse, un pays comme les autres ? » 

La soirée festive n’a pas été des plus longues, mais elle a permis aux deux Jurassiens de nouer des contacts très sympas et intéressants avec nos camarades neuchâtelois, Et d’expliquer en détail l’historique de Moutier et de la QJ. L’absence d’informations explique à mon sens la lassitude qui gagne nos compatriotes.

La journée du dimanche fut à n’en pas douter constituée de moments forts en termes de formation politique – à mon sens ça équivaut à de nombreuses journées de formation politique, syndicale, sociale ! 

Au matin, le discours militant de la Conseillère nationale (TI) Marina Carobbio – toute fraîche Présidente de l’Assemblée fédérale (et du Conseil national) sur le thème de « Contre les préjugés – pour l’égalité des chances », suivi des élections statutaires : discours de haute tenue et de grande dignité de Géraldine Savary qui quitte la vice-présidence, discours militant de candidature à sa succession d’Ada Marra (brillamment élue), réélection sans histoire d’un Président Levrat dont le discours illustra les valeurs dont notre parti se fait le porteur inlassable. 

Cette « solide mise en bouche » a précédé une table ronde autour du thème de la LaMal. Sa mère adoptive – le bébé était déjà largement engagé à son arrivée – Ruth Dreifuss, pleine d’humour, de sagesse, d’enthousiasme et d’énergie, a remis les choses en place, accompagnée d’élus au niveau fédéral, cantonal et local qui ont illustré les conséquences pour les assurés du transfert en cascades de la charge de frais de maladie, la victime ultime et lourdement chargée étant l’assuré lui-même. C’est donc sans surprise que le Congrès a plébiscité le lancement de l’initiative d’allègement des primes visant à ce qu’aucun ménage en Suisse n’ait à consacrer plus de 10 % de son revenu disponible aux primes d’assurance-maladie.

Le discours de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga sur l’action au sein des institutions a (dé)montré combien la présence d’une gauche toujours minoritaire au sein des institutions requiert de l’attention, de l’engagement, du sérieux, de la conviction, de la persévérance.  

La séquence « Grève des femmes du 14 juin 2019 » a fait l’objet d’une belle mise en scène avec la participation de femmes et d’hommes portant des pancartes affichant les raisons de faire cette grève. Soutenue par un discours percutant de Tamara Funiciello (CD du PSS) et de Martine Docourt (co-présidente des Femmes socialistes suisses), cette action a été ponctué par une salle enthousiaste, solidaire chantant debout « Bread and Roses » 

Le Congrès a ensuite soutenu sans grande opposition le soutien du PS à l’initiative : « Stopper le mitage – pour un développement durable du milieu bâti ».

Député portugais au Parlement national et à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, notre camarade Paulo Pisco a longuement mais brillamment et pertinemment présenté la situation dans son pays. Victime d’une crise sociale et économique profonde, la population portugaise s’était tournée, il y a trois ans, vers une nouvelle majorité. Une majorité constituée d’une gauche unie. Le relèvement est spectaculaire : baisse du chômage impressionnante, remboursement quasi complet de l’emprunt au FMI, une économie florissante qui espère le retour au pays des ressortissants expatriés et l’arrivée de forces nouvelles d’autres nationalités, … Spectaculaire ! Je me suis dit que cet homme « vendait de l’espoir » !

Pour clore ce très intéressant Congrès, une quinzaine de résolutions et propositions ont été présentées par leurs auteurs (individuels, sections locales ou/cantonales) et suivies des prises de position du Comité directeur du PSS. Une belle valse de propositions qui ont illustré la diversité des sujets d’intérêt et de préoccupation de la base. En tant que Jurassien, j’ai porté une attention toute particulière à celle proposée par le PS neuchâtelois, défendue par Baptiste Hurni, député et président du Groupe PS au Parlement cantonal. Titrée « Solidarité avec toutes les régions de Suisse », elle est une déclaration de soutien aux régions périphériques qui contribuent à la richesse nationale mais ne récoltent pas toujours à hauteur les fruits de leur participation. Une résolution unanimement soutenue par le Congrès. Voilà qui sonne bien opportunément au moment même où les Chambres fédérales revoient la péréquation financière et pénalisent les cantons pauvres !

 L’Internationale, chantée par chacun-e dans sa langue, a ponctué, poing levé, ces deux jours d’intenses partages, échanges, formation et information. 

De bien beaux moments qui, je l’espère, seront vécus par de bien plus nombreuses et nombreux camarades jurassien-ne-s à l’avenir !

Un délégué enthousiaste et ragaillardi (si besoin était !)

Jean-Marie Miserez

Vous trouverez les documents du Congrès sur : 

https://www.sp-ps.ch/fr/parti/organisation/congres/congres-bruggwindisch-ag

Photo : F.-X. Migy, l’autre délégué jurassien en compagnie d’Elisabeth Beck, présidente de la section de St-Imier 

Des contrôles d’identité dans les bureaux de vote?

Le conseiller national Pierre-Alain Fridez a interpellé le Conseil fédéral cette semaine. Il veut savoir si les contrôles systématiques d’identité lors de votations étaient une pratique courante en Suisse et « si des élections ou des votations ont déjà été cassées suite à un recours portant sur l’absence de la mise en place d’un contrôle par les autorités ». Pour rappel, la Préfète du Jura bernois a fondé sa décision d’annuler le vote communaliste du 18 juin 2017 sur le fait que la Municipalité n’avait pas pris de telles mesures pour éviter des fraudes. Pierre-Alain Fridez rappelle que le scrutin s’est déroulé sous la surveillance des observateurs fédéraux et que ces derniers n’ont pas formulé de remarques à ce sujet.

Vous trouverez l’interpellation ici:

https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20184136

Sources: www.rfj.ch et Le Quotidien jurassien

Delémont, le 6 décembre 2018 / pch

 

Moutier, Mercosur, Théâtre du Jura… Reflets du Parlement du 21 novembre 2018

Les 60 député-e-s ont accepté mercredi une résolution interpartis pour faire pression sur la Confédération pour qu’elle intervienne dans le dossier de Moutier. Le Conseil fédéral doit s’engager plus fermement et tout mettre en oeuvre pour que la décision populaire du 18 juin 2017 soit respectée. Pierre-André Comte est notamment monté à la tribune pour déplorer l’attitude de la Confédération.

Les député-e-s socialistes se sont en majorité opposés à l’introduction du vote électronique car la sécurité n’est pas encore suffisante: plusieurs pays européens ont connu des problèmes avec ce système. Le Parlement a finalement tout de même adopté le vote électronique par 30 voix contre 28.

Le Parlement a refusé la motion de Jean Bourquard qui demandait une déduction fiscale pour les batteries de stockage du courant photovoltaïque (34 non, 23 oui et une abstention).

Le Gouvernement a également indiqué, suite à une interpellation de Loïc Dobler, que le Théâtre du Jura allait ouvrir en automne 2021. Les travaux de construction devraient débuter prochainement.

Après une résolution déposée par Ivan Godat, le Parlement jurassien a accepté la motion interne de Loïc Dobler par 47 oui contre 4 non visant à exclure les produits agricoles de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur.Un accord de libre-échange qui serait à coup sûr dommageable pour notre agriculture et en particulier pour l’agriculture durable. La balle est désormais dans le camp des autorités fédérales.

A l’heure des questions orales, Nicolas Girard a demandé s’il était possible de rendre obligatoire la pose de pneus d’hiver sur les voitures. Nicolas Maître a lui interrogé le Gouvernement sur l’existence d’une organisation globale du déneigement dans le canton.

Sources: www.rfj.ch et www.lqj.ch

Delémont, le

Non à la loi du plus fort, oui à la protection des droits humains

Le PS se réjouit du clair refus de l’Initiative anti-droits humains (IADH). Les électrices et électeurs ont rejeté très clairement l’attaque frontale de l’UDC contre les droits humains et ont, par cela, clairement exprimé leur attachement à la protection internationale des droits humains. Le PS note également, avec regret, que la révision de la loi sur la surveillance des assuré-e-s a quant à elle été acceptée.

« Le refus de l’IADH est un refus d’une politique basée sur la loi du plus fort. Cela montre que la population en a assez des initiatives de l’UDC, qui portent atteinte aux droits fondamentaux des citoyen-ne-s», a déclaré Roger Nordmann, conseiller national (VD). L’électorat ne veut pas d’une politique étrangère isolationniste. « Il faut espérer que les partis bourgeois prendront également note de ce message envoyé aujourd’hui. Il faut espérer qu’ils retrouveront le chemin d’une politique indépendante et qu’ils ne se précipiteront pas pour proposer leur aide à l’UDC.».

La suite du communiqué de presse du PS Suisse à lire ici: https://www.sp-ps.ch/fr/publications/communiques-de-presse/non-la-loi-du-plus-fort-oui-la-protection-des-droits-humains

Dans le Jura… 

Le PSJ tient à remercier les citoyennes et citoyens jurassiens pour les excellents résultats obtenus ce weekend: trois « non » sont sortis des urnes. L’initiative de l’UDC sur les juges étrangers a essuyé un net refus dans le Jura. Les citoyens ont rejeté le texte par 75,5% des suffrages. Les Franches-Montagnes ont dit « non » à hauteur de 79,6%, le district de Delémont à 76,5% et celui de Porrentruy à 72,4%. La commune d’Ederswiler est la seule à avoir accepté l’initiative de l’UDC par 75% des voix. Une égalité est signalée à Lajoux avec 50% de « oui » et 50% de « non ».

Les votants jurassiens ont rejeté de justesse par 51,4% des voix la modification de la loi sur les assurances sociales prévoyant une base légale concernant la surveillance des assurés. Contrairement au reste du canton, les citoyens du district de Porrentruy ont accepté cet objet fédéral par 50,2% des voix. Le « non » atteint 53,1% dans les Franches-Montagnes et 52% dans le district de Delémont.

Sources: PS Suisse et www.rfj.ch 

Delémont, le 26 novembre 2018 / pch

Carton plein pour le PSA à Moutier

C’est une véritable baffe démocratique qui a été administrée dimanche par les électeurs autonomistes. Le maire autonomiste Marcel Winistoerfer a été réélu à plus de 60% des voix; le Conseil municipal reste pro-jurassien et le Conseil de Ville devient encore plus autonomiste… Des signaux qui ne trompent pas: Moutier est une ville jurassienne depuis le 18 juin 2017! Le Parti socialiste jurassien tient particulièrement à adresser ses sincères félicitations à l’ensemble des élu-e-s du Parti socialiste autonome qui sort grand gagnant de la journée de dimanche.

Le PSA a gagné un siège au Conseil municipal avec la réélection des sortants Pierre Sauvain et Karim Bortolussi ainsi que l’arrivée de Valentin Zuber. Au Conseil de ville, le PSA décroche deux sièges de plus  que la législature précédente avec 12 représentants. Le Parti socialiste jurassien se réjouit de ces excellents résultats et félicite sa section de Moutier qui se renforce encore. Le PSJ la remercie pour son engagement indéfectible pour la cité prévôtoise depuis plus de 40 ans. Il se réjouit notamment qu’une politique sociale, d’ouverture et loin du « chacun pour soi » soit menée par ses représentant-e-s.

Les résultats de dimanche le prouvent une fois encore: Moutier est une ville jurassienne! Les Prévôtois-e-s se sont déplacé-e-s en masse hier aux urnes pour réaffirmer leur volonté et leur détermination à, enfin, rejoindre le canton du Jura. Les gesticulations pro-bernoises n’y changeront rien. Ni la préfète, ni le maire de Cortébert, ni les citoyens anonymes (si peu courageux qu’ils se cachent pour déposer leurs recours) ne pourront s’opposer à la volonté populaire. Les pro-bernois, en refusant le verdict du peuple, ont réussi à rallumer la flamme jurassienne. Ceux qui voulaient que la question jurassienne soit réglée politiquement n’ont fait que le relancer. 

Merci pour ce beau dimanche… même s’il faisait froid sur la place de la gare, il faisait chaud dans les coeurs. 

Delémont, le 26 novembre 2018 / pch

Tribune: l’initiative sur l’autodétermination: un texte inutile et dangereux

La Suisse est un petit pays au centre du monde et nous avons tout intérêt à une réglementation claire des rapports entre les Etats, car dans les faits le droit international freine avant tout les velléités de quête de pouvoir des plus puissants.

L’UDC veut aujourd’hui remettre en question nos relations avec nos voisins et partenaires avec lesquels nous avons signé moult traités, pour placer au-dessus de tout notre Constitution. Les textes adoptés par le peuple suisse devraient primer sur le droit international, et en cas de discordance, notre gouvernement devrait s’engager à négocier l’alignement des autres sur nos positions (la belle affaire !), et le cas échéant, en cas d’échec des pourparlers, tout simplement dénoncer l’accord. Au risque de faire passer la Suisse pour un pays qui ne respecte pas ses engagements et de nuire à notre place économique et à l’emploi, car les affaires recherchent des règles claires et la stabilité.

L’UDC joue sa partition contre les vrais intérêts du pays

Mais au fait pourquoi l’UDC mène-t-elle cette nouvelle croisade ? Ce parti se plaint de ce que régulièrement les parlementaires et les tribunaux suisses n’appliquent pas à la lettre les décisions populaires qu’il a réussi à faire passer devant le peuple. L’UDC lance des initiatives populaires inapplicables, car irrespectueuses de droits fondamentaux contenus dans les accords internationaux que notre pays a signés, en particulier la Convention européenne des Droits de l’Homme. Les textes proposés par l’UDC sont simplistes, xénophobes et basés sur des notions manichéennes qui ne laissent aucune place à la nécessaire prise en compte des circonstances liées à chaque cas particulier, dans le respect du principe de proportionnalité. Prenons l’exemple bien connu de « l’initiative pour l’expulsion des criminels étrangers ». Pour le parti de Monsieur Blocher, tout étranger qui a commis un crime doit subir une double peine : en plus de la prison, il doit être expulsé du territoire suisse. Sans discussion. Mais dans les faits, les juges doivent tenir compte de paramètres oubliés par l’UDC qui se veut, répétons-le, simpliste, car ce que ce parti recherche réellement c’est juste de la propagande pour mobiliser et augmenter…son électorat … La notion de crime recoupe des réalités très       différentes: cela va des pires atrocités, j’en conviens, mais cela peut également correspondre à un crime commis avec des circonstances atténuantes, une personne qui tue pour se défendre par exemple… Il en est de même pour la notion d’étranger : parle-t-on d’une personne étrangère, depuis peu en Suisse, sans attache, ou d’un étranger de la troisième génération, une personne qui a toujours vécu en Suisse, qui y est intégrée et y a construit sa vie, chez nous, en fait chez lui… On ne peut forcément pas juger un « criminel étranger » sans tenir compte de ces différents paramètres.

L’adhésion de la Suisse à la Convention européenne des Droits de l’Homme menacée

Et si les résultats de la votation du 25 novembre devaient à l’avenir, dans une problématique comparable issue d’une de ces votations avec un texte inapplicable, contraindre les juges de notre pays à juger sans tenir compte de ce principe de proportionnalité, alors la Suisse pourrait être interpellée par ces fameux juges de Strasbourg que l’UDC veut combattre, les juges de la Cour européenne des Droits de l’Homme, pour motif que nous ne respecterions pas les principes du droit supérieur international, auquel nous avons adhéré en 1974. Avec comme conséquence à la longue, si l’on suit l’UDC, l’éventuelle dénonciation par notre pays de cette Convention. Ce texte représente un moyen essentiel pour le respect des Droits fondamentaux de chaque justiciable européen : il offre à chaque personne provenant de l’un des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe la possibilité de recourir contre une décision de sa juridiction nationale. Il faut bien se rappeler qu’à l’époque, en adhérant à la CEDH, le peuple suisse s’était placé sous la protection de la cour du même nom, pour se garantir une dernière instance de recours en cas de violation de ses droits. La cour est composée de 47 juges, un par pays. A l’exception de la Suisse qui aujourd’hui en dispose de deux, car c’est un juge suisse qui représente le Liechtenstein.

Cette convention est réellement menacée. Dans son texte d’initiative, l’UDC a prévu deux particularités permettant un effet rétroactif : d’une part les nouvelles dispositions pourraient s’appliquer aux traités internationaux conclus avant l’acceptation de l’initiative et d’autre part ne seraient protégés que les textes à l’époque sujets ou soumis au référendum. Lors de l’acceptation de la Convention européenne des Droits de l’Homme en 1974, il n’était dans les usages de soumettre de telles ratifications au suffrage populaire… donc les jeux sont ouverts.

Notre pays a tout à perdre

Cette initiative introduirait des mécanismes rigides dans nos relations juridiques avec les autres Etats, ternirait l’image de la Suisse ouverte et humaniste, et serait un signal très négatif pour l’avenir de la Genève internationale.

Remettre en question nos relations avec nos voisins pourrait signifier à moyen terme pour la Suisse, moins de prospérité, moins de sécurité et à coup sûr plus d’isolement… et c’est ce que veut l’UDC qui rêve encore et toujours de « l’Alleingang ».

Pierre-Alain Fridez, conseiller national, vice-président de la délégation suisse au sein de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe          

Que voter le 25 novembre 2018?

Voici les recommandations de vote du PSJ, décidées par le Congrès du 26 octobre:

NON à l’unanimité à l’initiative de l’UDC pour l’autodétermination 

NON à l’unanimité à la modification de la base légale pour la surveillance des assuré-e-s

NON à l’initiative pour les vaches à cornes par 42 non contre 38 oui et 12 abstentions

 

 

Mettre notre démocratie en péril? NON à l’initiative de l’UDC!

Le Comité jurassien « Non à l’initiative pour l’autodétermination » a présenté ses arguments à la presse vendredi matin. Tous les partis politiques (CS-POP, Les Verts, PSJ, PCSI, PDC, PEV et PLRJ), la Chambre de commerce et d’industrie du Jura, les syndicats, Amnesty International Jura Jura bernois et d’autres associations se sont alliés pour dénoncer les graves conséquences de cette initiative soumise au vote le 25 novembre. Le comité jurassien est présidé par la Conseillère aux Etats Anne Seydoux-Christe et le Conseiller national Pierre-Alain Fridez. 

L’initiative est néfaste pour notre pays car elle remet purement et simplement en cause de nombreux traités et accords, dont la Convention européenne des droits de l’Homme. La CEDH protège nos droits fondamentaux (droit à la vie, à la liberté, droit à un procès équitable, droit de vote des femmes, protection contre les traitements inhumains, droit à la sphère privée, à la liberté de conscience et de religion, droit à la liberté d’expression et d’association, droit au mariage et à la famille, etc.). Elle s’applique à 800 millions de personnes dans 47 Etats. Chaque Etat porte une part de responsabilité dans sa réussite ou son échec. Le retrait de la Suisse pourrait avoir un effet domino et être suivi par certains Etats peu enclins à respecter les droits humains. « Cette initiative porte de graves atteintes à la crédibilité politique de la Suisse en tant que dépositaire de nombreuses conventions internationales, à son engagement en faveur des Droits de l’Homme et de la démocratie » a déclaré Anne Seydoux-Christe lors de la conférence de presse. 

La Suisse est liée avec les autres pays par plus de 5’000 accords internationaux, dont 600 ont une importance capitale pour l’économie. L’initiative de l’UDC impliquerait d’en dénoncer un grand nombre. Les traités internationaux qui seraient contraires à la Constitution devraient être renégociés, voire dénoncés si nécessaire. « Même si elles violent le droit international, les initiatives populaires pourraient ainsi être mises en oeuvre. L’UDC veut clairement un outil juridique pour faire passer ses textes qui sont inapplicables aujourd’hui» a expliqué Pierre-Alain Fridez. Perte de crédibilité de notre pays, conséquences importantes sur les investissements des entreprises et sur les exportations, pertes de places de travail… l’initiative met en danger la place économique suisse. Des milliers d’emplois pourraient être menacés. 

Il est rare de voir en Suisse une alliance si vaste des milieux politiques, économiques, syndicaux et de la société civile s’opposer à une initiative. Le Conseil national et le Conseil des Etats l’ont rejetée sans lui opposer de contre-projet. Le Conseil fédéral recommande également de refuser ce texte. 

Protégeons nos droits et rejetons toutes et tous cette initiative! 

Comité jurassien NON à l’initiative anti-droits humains  

Vendredi 2 novembre 2018 / pch