1er août: message du Conseiller aux Etats Claude Hêche

Chères Concitoyennes, Chers Concitoyens, Chers Amis,

 

Vous avez sans doute tous une fois observé les racines d’une plante qui soulèvent un bloc de pierre ou qui font éclater le macadam. Et vous vous êtes demandé d’où venait cette force mystérieuse. Pour ma part, c’est certainement la confiance en ses racines, la pratique de la proximité, « l’amour du  prochain »…

Je suis très heureux et fier de fêter le 1er Août à Cornol, dans mon village d’origine, là où se trouvent une partie de mes racines. Je vous remercie de m’avoir invité au bord de l’étang de la Montoie, miroir magique de la beauté de la nature, des jets de fusées et des feux de Bengale.

Dans le contexte agité et porteur d’angoisses que nous vivons actuellement au niveau mondial, savoir d’où l’on vient est un privilège : cela donne de l’assurance. On s’ouvre plus facilement à l’autre – aux autres – quand on connaît ses origines ; on fait plus volontiers confiance à la vie, on envisage l’avenir avec un plus grand optimisme.

J’ai toujours pensé que les trois têtes de maures représentées dans les armoiries de Cornol étaient un appel au voyage, au pèlerinage ! D’autant que les légions africaines, au service des Romains, construisaient des routes. C’est peut-être de Cornol que me vient mon goût immodéré pour les transports et la mobilité.

L’Algérie, la Tunisie, l’Indonésie ou Madagascar, La Haye, New-York, Paris, Rome, la plaine du Grütli : les déplacements que j’ai effectué l’an dernier m’ont ouvert les yeux sur des réalités parfois très dures. Aujourd’hui, alors que notre capacité à vivre ensemble est fragilisée, que la paix ne semble plus aussi évidente en Europe, je suis plus convaincu que jamais que seul l’accès généralisé à l’éducation et à l’emploi peut endiguer la misère, la guerre et le terrorisme.

Dans les économies fragiles, la transmission du savoir traditionnel et les nouvelles technologies doivent aller de pair. L’un ne va pas sans l’autre, et l’un ne doit pas oublier ou mettre de côté l’autre. Je me suis fortement engagé l’an dernier pour mieux faire connaître la formation duale – une richesse de notre pays – ces apprentissages qui assurent l’employabilité immédiate des jeunes. Pour que la jeune génération garde espoir dans l’avenir, elle doit acquérir des compétences, créer des entreprises, lancer des projets, innover et élever ainsi son niveau de vie. Elle doit aussi se sentir écouter et pouvoir donner son avis dans un système politique participatif et démocratique. Ce renforcement de la formation, cet apprentissage de la compréhension des autres jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le terrorisme qui gangrène notre monde. La logique de la peur ne peut pas s’imposer, elle ne doit pas s’imposer.

Nous devons nous interroger sur notre rapport à la jeunesse et sur la place accordée à des jeunes en manque de repères et parfois de limites. Nous sommes aujourd’hui face à d’innombrables questions. Et ceux qui prétendent avoir la solution toute faite face à cette barbarie sont au mieux des inconscients, au pire des imposteurs.

La seule chose qui est sûre, c’est que la tâche est immense afin de retrouver le chemin de la paix, du dialogue et du respect mutuel. Nous sommes face à un ennemi sans visage, sans état d’âme et qui peut prendre de multiples formes. Sournois et retors, l’extrémisme religieux et les actes de barbarie se nichent dans la misère et la pauvreté. Je n’ai pas de réponse autre que l’éducation et le respect des différences à apporter, même si je suis parfaitement conscient que cela ne sera pas suffisant.

Il n’y a pas de vérités toutes faites, il n’y a pas de pays à porter aux nues ou à clouer au pilori. Mais il y a aussi des personnes à surveiller de près, à sanctionner, à condamner, au besoin à expulser. Car cela fait non seulement partie de notre travail politique mais également du respect de l’application de nos lois et du bon fonctionnement de nos institutions.

 

Chers amis de Cornol, Chers amis du Jura,

Mon année de présidence m’a confirmé qu’en politique comme dans la vie, rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. Les visites officielles que j’ai effectuées, m’ont donné accès à des personnalités clefs. J’ai ainsi pu modestement contribuer à dénouer certaines situations, à jouer le rôle de médiateur et parfois, à obtenir des retombées concrètes telles que des commandes pour le Jura et pour la Suisse.

Par cette expérience riche en contact avec la population et notamment la jeunesse, j’espère avoir contribué à rapprocher la politique de la vie quotidienne. En accueillant de nombreuses délégations dans le Jura, notre tradition d’accueil, nos lieux touristiques et nos produits ont pu bénéficier d’une vitrine vers le monde extérieur. J’ai eu la chance de pouvoir vanter la tradition d’accueil et les produits jurassiens.

A chaque occasion, et notamment à l’exposition universelle de Milan, l’histoire exceptionnelle de notre canton a été mise en avant. Rappeler la prouesse démocratique de l’avènement du Jura suscite toujours autant d’intérêt et nous pouvons être fiers de notre parcours, de notre terroir. Les produits du terroir ont d’ailleurs été mis fortement à l’honneur au pavillon suisse le ler août de l’année passée. A Berne, je me suis attelé à faire connaître le Jura et les talents de ses entreprises auprès des régies fédérales ou encore de l’Office fédéral des constructions. Entre la séance du bureau du Conseil des Etats en Ajoie, la visite du sabotier de Cornol ou encore le week-end d’échanges entre 60 jeunes adolescents et enseignants de tout le pays à St-Ursanne, nous avons exploité au maximum l’opportunité de mieux nous faire connaître à travers la Suisse.

 

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Les mots ne suffisent pas à faire connaître notre région. La perception positive du Jura et de ses produits doit s’incarner dans des ambassadeurs actifs. Prenez la nouvelle patinoire de Porrentruy : le projet est soutenu notamment par notre ancien ministre des sports Adolf Ogi, par le chirurgien cardiaque René Prêtre et la star du hockey Steven Barras. Ce sera, je l’espère, une garantie de notre succès à tous.

Nous devons créer une dynamique collective pour faire connaître la valeur de notre agriculture et de notre terroir. Si la tête de moine est en passe de conquérir le monde, si la Damassine est plus qu’un produit de niche, c’est que leur commercialisation a été portée par des personnalités, par des entreprises et leurs ouvriers et par un récit partagé. Notre race chevaline, qui répond si bien à l’équitation de loisirs, mérite elle aussi de poursuivre son essor. Comme nos compétences en micromécanique, en horlogerie et dans les nouvelles technologies méritent d’être continuellement valorisées.

Notre identité jurassienne très forte est le socle à notre développement. Elle nous permet de relever les défis de notre région, de notre canton qui se prépare à accueillir Moutier et sa couronne, mais également de notre beau pays et du monde, tout en gardant notre âme.

Vive Cornol, vive la Suisse et bonne fête du 1er Août à toutes et à tous.

Claude Hêche,

Conseiller aux Etats

Seule la déclaration orale fait foi

 

EMBARGO JUSQU’AU 31 JUILLET 2016 A 19H00

 

 

Autres articles