Baisser la taxation des véhicules? NON à une initiative racoleuse

Les Jurassien.ne.s voteront le 15 mai sur l’initiative « Les plaques moins chères ». Si le parti socialiste est favorable à une révision du modèle de taxation des véhicules, il ne saurait accepter que cela se fasse au détriment de prestations indispensables pour la population jurassienne. Or, en sollicitant une baisse massive du prix des plaques pour tous les types de véhicules, cette initiative manque sa cible en esquivant l’enjeu climatique et en produisant un impact négatif sur les finances de l’Etat. « Les plaques moins chères »: le titre est accrocheur voire un brin racoleur à première vue: l’objectif ne laisse pas insensible les automobilistes déjà fortement sollicités ces dernières semaines avec les hausses successives du prix de l’essence. Il importe toutefois de se questionner sur les conséquences d’une diminution des prix des plaques d’immatriculation.


Le système actuel du calcul du prix des plaques, basé uniquement sur le poids, doit être revu pour tenir compte des enjeux climatiques. Nous ne remettons pas cela en cause. Toutefois, et contrairement à ce que promeut l’initiative, certains types de véhicules n’ont pas à bénéficier de rabais, en particulier s’ils ne répondent pas à certains objectifs en fonction de leur taille, de leur poids ou encore de leur rejet de CO2.
Ainsi, si baisser le prix de toutes les plaques a évidemment un effet positif pour les budgets des automobilistes jurassien.ne.s, il s’agit toutefois de le relativiser. Selon les chiffres du TCS, le coût des plaques représente moins de 4% du coût d’entretien d’un véhicule. Par contre, en privant l’Etat jurassien de rentrées de l’ordre de 3 à 6 millions sans aucune proposition de contrepartie, nul doute que cette initiative aura des conséquences sur les prestations délivrées à l’ensemble de la population jurassienne. Quels arbitrages seront alors effectués pour compenser ce manque à gagner ? Faudra-t-il procéder à des choix entre entretien des routes et autres prestations indispensables de l’Etat ?


Par ailleurs, en demandant une baisse pour TOUS les types de véhicules, cette initiative contrevient de fait à son deuxième objectif qui est celui de tenir compte des critères environnementaux. Le réseau des transports public n’est certes pas encore complètement densifié et ne permet pas toujours de renoncer à son véhicule privé ou professionnel, notamment pour les pendulaires et les transports professionnels. Toutefois, les routes sont très chargées voire saturées par endroit. Chaque voiture, en plus de provoquer l’usure du réseau routier, entraîne des nuisances indirectes : bruit, impact environnemental et effets nocifs sur la santé. Aujourd’hui, il y a lieu de mettre en place des conditions cadres qui permettent de renoncer le plus possible à la voiture, qui plus est, dans des trajets en solo.


Enfin, baisser ce type de taxe sans autre objectif que juste celui de « payer moins cher », revient à griller la priorité qui devrait être donnée aux transports publics ou à rouler à contresens sur la voie d’une mobilité plus douce.
Au-delà de la volonté de soulager le porte-monnaie des automobilistes et d’être mieux en phase avec ce qui se pratique en matière de taxe sur les véhicules dans les autres cantons, cette initiative va clairement à l’encontre des intérêts de l’ensemble de la société et ne s’inscrit aucunement dans une politique responsable par rapport à l’urgence climatique. Pour toutes ces raisons, le Parti socialiste jurassien vous invite donc à voter NON à cette initiative.

Delémont, le 26 avril 2022 / Kle + Pch

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