Egalité salariale: la loi édulcorée par la droite

Le Parlement jurassien a traité mercredi les modifications de deux lois suite à l’acceptation par le peuple il y a une année de l’initiative « égalité salariale: concrétisons » par plus de 88% des votant.e.s. La Charte sur l’égalité salariale sera renforcée et son non-respect sera dénoncé, les entreprises de plus de 50 employé.e.s devront réaliser une analyse de l’égalité des salaires (un seuil fixé à 100 jusqu’à présent) et les entreprises et institutions qui demandent des subventions de plus de 20’000.- devront présenter une analyse de l’égalité des salaires.

La gauche, comme le Gouvernement, s’est opposée aux assouplissements demandés par la majorité de droite, mais en vain… Par exemple, le PS souhaitait notamment que les vérifications soient assumées par l’Etat avec la création d’un poste de contrôleur. Tout comme le souhaitait la minorité de la commission de l’économie pour respecter la volonté des syndicats et de la motion de notre camarade Mélanie Brulhart (acceptée par le Parlement en 2018). La majorité de droite du Parlement n’a rien voulu savoir. Une fois de plus, pour la droite, l’égalité reste un vœu pieux quand il s’agit de prendre des mesures concrètes…

Rappelons qu’en 2022, les femmes gagnent encore jusqu’à 20% de moins pour un poste égal… et qu’elles sont les plus touchées par la pauvreté, comme le révèle le dernier rapport social publié par le Gouvernement jurassien.

Plusieurs député.e.s sont intervenu.e.s. à la tribune.

Un véritable signal en faveur de la jeunesse

Les député.e.s ont accepté par 39 voix contre 17 et 3 abstentions la motion de Pauline Christ Hostettler « pour un véritable plan d’action en faveur de la jeunesse ». La députée-suppléante de Courchapoix demandait la mise sur pied de mesures pour aider les enfants et les jeunes impactés dans leur santé mentale suite à la pandémie.

A l’heure des questions orales, Leïla Hanini a interrogé le Gouvernement sur le tracteur pulling. Elle a demandé s’il estimait qu’une telle manifestation est cohérente par rapport à sa politique climatique?

Nicolas Maître est lui intervenu sur La Poste.

En bref…

Une question écrite a été déposée: Sarah Gerster interroge le Gouvernement sur la suppression de l’impôt anticipé : quelles seraient les conséquences pour le canton ?

Fabrice Macquat a lui déposé une intervention cantonale en matière fédérale concernant la réintégration de la Suisse au programme de recherche Horizon Europe.

A noter encore que le Parlement a élu les membres de la commission spéciale mixte pour l’accueil de Moutier. C’est Leïla Hanini (titulaire) et Nicolas Girard (remplaçant) qui représenteront le PS.

Vous trouverez également toutes les décisions du jour sur le site d’RFJ:

https://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Region/20220622-Le-Parlement-en-bref.html

Delémont, le 24 juin 2022 / pch

Impatience et détermination

14 juin 1981: le principe d’égalité homme-femme entre dans la Constitution.

14 juin 1991, 2019, 20, 21, 22… le temps passe et les raisons de manifester en cette journée symbolique restent malheureusement nombreuses.

Les crises, qu’elles soient financières, sanitaires ou climatiques, touchent davantage les femmes travaillant souvent à temps plein pour un salaire qui ne leur permet pas une vie décente. La reconnaissance de l’importance de ces emplois en première ligne dans la stabilité de notre système passe par une revalorisation des salaires.

Le deuxième rapport social du Gouvernement confirme que les femmes sont largement surreprésentées dans les postes à bas salaire et très majoritairement concernées par le risque important de précarité.

Selon l’Office fédéral de la statistique, la Suisse est au point mort en matière d’égalité salariale. La part dite « inexplicable », c’est-à-dire purement discriminatoire, a même augmenté. Dans le Jura, le Parlement aura l’occasion le 29 juin prochain de faire un pas significatif en traitant des modifications de lois visant à réaliser l’initiative populaire « Egalité salariale : concrétisons ! » Il sera temps.

A la retraite, vivre seulement de l’AVS pour une femme reste une utopie. Les promesses d’il y a 50 ans sont restées lettre morte. Pire, alors que les femmes touchent encore des rentes en moyenne d’un tiers inférieures à celles des hommes, le projet AVS 21 sur lequel nous voterons en septembre sonne comme un véritable coup de massue.

Une véritable égalité au niveau des salaires, des rentes qui permettent de vivre et une retraite à 64 ans pour les femmes, des revendications élémentaires que nous continuerons à porter avec détermination en refusant de céder à la résignation.

Katia Lehmann, Villars-sur-Fontenais, Présidente du PSJ

14 juin 2022 et élections communales 

Cette année, la population jurassienne est appelée à renouveler ses autorité communales. Les partis de tous bords ont signé la Charte cantonale 50/50 visant à « tendre vers la parité sur les listes électorales ». L’intention est bonne. Mais pourquoi, à chaque élection et alors que cette Charte a déjà été signée avant de précédentes élections, les partis de droite présentent des listes majoritairement masculines ? On nous répond souvent « on a cherché des femmes, vraiment, mais ce sont elles qui ne voulaient pas ! ». Le problème serait alors structurel : est-ce que les partis agissent concrètement pour valoriser les femmes ? Prise de parole, respect des idées, changement des horaires de séances, mise en valeur des propositions faites sont autant de pistes qui permettent de réaliser l’intention. Parce qu’avoir des femmes sur des listes, c’est avoir la possibilité de voter pour des femmes, et ça, c’est déjà un début.

Lisa Raval, députée suppléante au Parlement jurassien, conseillère de ville

Delémont, 14 juin 2022

Porrentruy: notre camarade Chantal Gerber se lance dans la course à la mairie

Réuni en Assemblée générale le 2 juin, la section de Porrentruy du Parti socialiste a plébiscité la candidature de Chantal Gerber à la mairie de Porrentruy pour les élections communales d’octobre prochain. Le PS entend ainsi proposer aux électeurs et aux électrices une personnalité forte, capable d’imprimer un élan nouveau et d’offrir une alternance bienvenue à la tête de la Ville de Porrentruy. Chantal Gerber mènera une liste diversifiée, qui défendra un développement respectueux de l’humain et de l’environnement ainsi qu’une économie responsable privilégiant la proximité et la durabilité.

Chantal Gerber est entrée au Conseil municipal de Porrentruy en mars 2020, après avoir siégé au Conseil de ville durant sept ans. Elle a repris les importants dossiers de l’environnement et de l’équipement, et pilote donc la politique énergétique et environnementale de la ville. Outre son mandat de conseillère municipale, la Bruntrutaine de 53 ans, mère de deux enfants, enseigne l’histoire et les sciences humaines à l’École de culture générale et à l’Ecole des Métiers de la Santé et du Social ( DIVSSA du CEJEF) à Delémont.

Une alternative, plaçant l’humain et l’environnement au cœur de l’action!

Interview de Chantal à écouter ici: https://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Region/20220603-Chantal-Gerber-se-lance-dans-la-course-a-la-mairie-de-Porrentruy.html

Delémont, le 10 juin 2022 / pch

En marge du 23 juin : de l’audace, de l’ambition !

Tribune de Jean-Claude Rennwald, politologue, militant socialiste et autonomiste

Sans l’audace des militants autonomistes, le canton du Jura n’aurait jamais vu le jour. Une vérité qu’il est bon de rappeler à l’approche de la date anniversaire du plébiscite du 23 juin 1974.

De la culture aux infrastructures

Le combat jurassien a d’abord été mené au nom de l’histoire, de la défense d’une identité, de la culture et de la langue française. Mais cette lutte a aussi été porteuse au niveau socioéconomique. Depuis l’entrée en souveraineté, la population a progressé trois fois plus fortement dans le canton du Jura que dans le Jura bernois et l’emploi deux fois et demie plus vite. Plusieurs infrastructures n’auraient jamais vu le jour sans l’Etat jurassien : la Transjurane ; le raccordement ferroviaire au TGV Rhin-Rhône ; la Haute Ecole-Arc ; le Théâtre  du Jura, symbole d’un canton où les arts de la scène jouent un rôle essentiel.

N’en déplaise aux timides, il faut continuer d’être audacieux et ambitieux.

Une ambition institutionnelle

La priorité va à l’intégration de Moutier, dossier dans lequel le gouvernement doit se montrer plus ferme, car Berne ne comprend qu’un seul langage, le rapport de forces. Il faut profiter de ce transfert pour mettre en place un cercle unique pour l’élection du parlement jurassien, afin de mettre fin à des réflexes régionalistes du XIXe siècle, au profit de l’émergence d’une conscience politique cantonale. Quant à un canton du Jura ne comptant plus que trois à six communes (initiative du PCSI), pourquoi pas ? Mais la réflexion ne saurait s’arrêter à un chiffre. Un tel projet nécessite une refonte globale des compétences des communes,  de même que de leurs rapports avec l’Etat.

Une ambition sociale et écologique

Les politiques sociale et écologique doivent être étroitement imbriquées, car pour reprendre une expression des Gilets jaunes, « il ne faut pas opposer la fin du monde à la fin du mois ». Le salaire minimum jurassien doit être porté à 4’000 francs (contre 3’749 dès le 1er juillet), car il est très difficile de vivre avec un revenu inférieur. Le tissu des conventions collectives de travail (CCT) doit être renforcé pour éviter des distorsions de concurrence et parce qu’elles jouent un rôle essentiel contre le dumping salarial. Trop nombreux sont les patrons jurassiens qui n’ont pas encore compris que plus un salarié travaille dans de bonnes conditions, plus il sera productif. Dans cet esprit, la promotion de l’égalité entre hommes et femmes doit être accélérée. Suprême audace, on pourrait tester, durant six mois et dans une dizaine d’entreprises, la semaine de 4 jours (avec le même salaire, du moins pour les bas et moyens revenus), dont on découvre les avantages familiaux et sociaux, mais aussi les vertus écologiques (moins de transports notamment).

La politique environnementale doit aller de pair avec la promotion de l’emploi. On pourrait imaginer un programme cantonal d’assainissement des bâtiments, doté d’un financement public partiel. Les inquiétudes de la population par rapport à certains projets sont légitimes. Mais il faudra comprendre un jour que l’on ne pourra se passer à la fois du nucléaire, des énergies fossiles (pétrole, gaz), des énergies renouvelables (solaire, éolienne, autres) et renoncer à des économies ! Des choix s’imposent. Mais ces choix, contrairement à ce qu’a décidé la majorité bourgeoise du parlement, impliquent aussi qu’on se donne les moyens de les financer.

Une ambition culturelle

L’ouverture du Théâtre du Jura est un événement considérable. Mais une politique culturelle ne saurait reposer que sur une seule institution. D’autres mesures s’imposent :

• Offrir la gratuité des musées. Ce serait un atout touristique, et soulagerait les familles à revenu modeste.

• Augmenter l’aide à certaines institutions et projets culturels (créations d’avant-garde, cinémas d’art et d’essai, par exemple).

• Multiplier les efforts en vue d’attirer l’une ou l’autre antenne universitaire dans le Jura.

• Mieux défendre la langue française, en particulier au niveau des médias, de la publicité, des enseignes commerciales ou encore du sport.

• Le sport étant une forme de culture, fusionner les SR Delémont et le FC Bassecourt, afin de créer un grand club du foot jurassien, à l’instar du HC Ajoie.

• Apporter un soutien  financier aux médias régionaux, qui jouent un rôle essentiel pour favoriser le débat démocratique.

Plusieurs de ces propositions ont un coût, certes, mais leur réalisation générerait aussi des emplois, et donc de nouvelles recettes fiscales.

Delémont, le 10 juin 2022

Renforcer l’AVS grâce aux bénéfices de la Banque nationale

La gauche et les syndicats ont lancé mardi à Berne une initiative pour renforcer l’AVS. Objectif: renflouer le premier pilier grâce aux bénéfices de la Banque nationale suisse (BNS). Les initiants ont jusqu’au 24 novembre 2023 pour récolter les 100’000 signatures nécessaires. Tous les détails ici: https://www.24heures.ch/gauche-et-syndicats-lancent-une-initiative-pour-renflouer-lavs-859487826979

Vous trouverez les feuilles de signatures à télécharger ici:

Delémont, le 25 mai 2022 / pch

Fonds climat : rien de neuf sous le soleil

La droite a une nouvelle fois mis son veto à la création d’un fonds climat. Le Parlement jurassien a en effet refusé mercredi l’entrée en matière en deuxième lecture. Toujours planqués derrière le vote secret, les partis bourgeois n’ont pas voulu d’un véritable débat par 31 voix contre 29 quand bien même les élus socialistes, Claude Schlüchter et Fabrice Macquat en tête, ont déployé un argumentaire en tout point pertinent.

Retrouvez l’interview du président du groupe socialiste, Fabrice Macquat, à RFJ ici: https://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Region/20220518-Le-fonds-climat-cantonal-jurassien-enterre.html

Notre camarade Lisa Raval a eu fort à faire face au même bloc bourgeois. Ce dernier a en effet imposé ses vues socialement limitées en refusant, par 30 voix contre 21 et 7 abstentions un texte qui demandait des lieux plus adéquats pour allaiter dans les bâtiments de l’administration cantonale.

L’élue bruntrutaine a toutefois pu se consoler, en partie, avec sa motion intitulée « Davantage d’accès aux bâtiments ouverts au public pour les personnes à mobilité réduite ». Le Gouvernement jurassien devra à ce titre inscrire une somme à la Planification financière dans le but de concrétiser ce projet.

Trois députés socialistes sont également intervenus dans le cadre des questions orales. Jude Schindelholz a demandé si toutes les mesures nécessaires allaient être prises pour assurer le bon fonctionnement de la société EDJ Energie du Jura, où plusieurs démissions ont été rapportées ces derniers temps.

Patrick Cerf s’est quant à lui inquiété de la quasi-impunité des motards qui s’adonnent, en toute illégalité, à leur bruyant passe-temps dans les forêts de la région.

Enfin, Jelica Aubry-Janketic a demandé au Gouvernement jurassien s’il entendait encourager, d’une manière ou d’une autre, les coopératives d’habitation à loyer modéré.

L’élue de Courtedoux a également déposé une question écrite relative à la hausse brutale des primes des caisses-maladies.

Vous pouvez également retrouver toutes les décisions du jour sur le site d’RFJ: https://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Region/20220518-Le-Parlement-en-bref.html#

Delémont, le 19 mai 2022 / Patrick Cerf et Pauline Christ Hostettler

FRONTEX : L’ENVERS DU DECOR

A écouter le Conseil fédéral et à la lecture de la brochure électorale en lien avec les votations fédérales du 15 mai prochain, on en viendrait à croire que l’agence Frontex, un corps de gardes-frontière chargé de la protection des frontières de l’espace Schengen, serait blanche comme neige et au-dessus de tous les soupçons et allégations formulés depuis des années contre elle au sujet de son implication, en tous les cas sa bienveillante passivité, dans les dizaines et dizaines milliers de refoulements illégaux de migrants perpétrés chaque année sur terre et sur mer, aux frontières de l’Europe, des chiffres avancés par la commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Mme Mujatovic. J’ai retrouvé ce discours tenu en Suisse dans celui de M. Gerdes, le numéro deux de Frontex lors d’un entretien très récent : des allégations ?, mais pas de preuve … donc, circulez il n’y a rien à voir…

Je me suis rendu en effet à la direction de Frontex à Varsovie le 20 avril dernier, dans le cadre de la réalisation d’un rapport pour l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur ces refoulements massifs dénommés communément pushbacks, très souvent accompagnés de violence, aux frontières de notre continent. Cette rencontre était une première, car l’agence refuse toute publicité et a fait de son manque de transparence une règle.

Mais les choses bougent à Frontex malgré tout le bien que l’on dit de l’agence en Suisse : des enquêtes diligentées par différentes autorités européennes, en particulier le Parlement européen, se multiplient ; 60 millions d’euros ont été récemment retenus sur le budget de Frontex en lien avec les soupçons qui agitent, sur le sujet, le monde politique européen ; le Parlement européen a exigé la création d’un bureau des droits fondamentaux au sein de Frontex : le bureau, totalement indépendant hiérarchiquement, enfin, a débuté ses travaux en 2021 et se constitue progressivement sous la conduite d’un Suédois, Jonas Grimheden, que j’ai eu l’occasion de rencontrer à quelques reprises, et qui souhaite réformer en profondeur la culture de l’agence, avec des règles de sanctions claires et enfin appliquées, et un engagement sans faille de Frontex pour empêcher résolument les renvois illégaux sous toutes leurs formes et le respect des droits fondamentaux aux frontières de l’Europe.

L’arrivée d’un migrant dans un pays, quelle que soit la façon dont il y est entré, n’est, selon le droit international et les normes internationales en matière de droits humains, jamais illégale. Les migrants illégaux, cela n’existe pas, ce qui est illégal, c’est de ne pas donner à ces personnes la possibilité de pouvoir disposer de leur plein droit à déposer une demande d’asile, et d’obtenir durant la procédure qui s’en suit secours et protection. La procédure doit être menée sérieusement avec traduction et soutien juridique et elle vise à déterminer les motivations du requérant et finalement son droit à l’asile ou non. Chaque cas doit être traité individuellement. En cas de refus de la demande, une analyse du risque au retour doit également être pris en compte et on ne peut renvoyer aucune personne dans un pays si l’on n’est pas certain qu’il s’agisse d’un pays tiers sûr. Tous ces principes découlent du respect, notamment, des articles 2 et 3 de la CEDH, la Convention européenne des Droits de l’homme. Ne pas respecter ces règles, procéder à des refoulements de migrants sans procéder au respect du droit élémentaire de chaque personne correspond à une violation des droits humains.

Et Frontex est montré du doigt notamment pour sa gestion des migrations en Méditerranée, en particulier en Grèce et avec la Libye. Migrants arrivés sur des îles grecques, réembarqués de force par les garde-côtes grecques et emmenés au large sur leurs bateaux dont on enlevait le moteur en les laissant dériver vers la Turquie, sous le regard complaisant des agents de Frontex. Coopération scandaleuse avec les garde-côtes libyens pour faire retourner des migrants sur sol africain, tout en sachant le sort qui les attendait… J’ai parcouru l’Europe pour mon rapport, de Lesbos en Pologne (avant la crise ukrainienne) en passant par la Croatie et la Bosnie-Herzégovine, et partout des histoires de refoulements et de violences à répétition.

A quoi donc sert Frontex face à ce triste constat ? On a plutôt l’impression qu’il s’agit aujourd’hui, et sans doute plus encore demain avec son renforcement programmé, d’une force de sécurité destinée à renforcer et rendre infranchissables les frontières d’une « Europe forteresse ».

Le 29 avril, le patron de Frontex Fabrice Leggeri a été contraint de démissionner pour de multiples raisons, notamment en citant le journal le Monde, « sur fond d’accusations régulières, notamment de la part d’ONG ces dernières années, de pratiques de refoulements illégaux de migrants (dits « pushbacks ») et de complaisance envers les autorités grecques, par exemple, sur des renvois brutaux vers la Turquie ».

L’argument massue du Conseil fédéral pour nous faire accepter de doter Frontex de moyens financiers et humains supplémentaires, c’est qu’en cas de refus, la Suisse quitterait Schengen. Je ne suis surtout pas contre Schengen, dont je pense le plus grand bien. Mais je ne peux accepter que mon pays se rende complice d’atteintes aux droits humains. Lors des débats parlementaires, avec mes camarades, nous avons proposé un marché à Mme Keller Sutter. La condition de notre ralliement au projet était d’accepter l’entrée de 4000 migrants supplémentaires en Suisse, ces enfants mineurs non accompagnées ou ces familles syriennes ou afghanes que j’ai vu croupir dans des camps à Lesbos… La réponse du Conseil fédéral et de la majorité du Parlement a été NON. Alors je dirai NON aujourd’hui à Frontex, tout en étant persuadé que si le NON l’emporte, nous ne sortirons pas de l’Espace Schengen, car cela ne serait surtout pas dans l’intérêt des Européens.

Delémont, le 4 mai 2022 / Pierre-Alain Fridez, Conseiller national

Paix – Dignité – Solidarité: des valeurs essentielles

Se rassembler et défiler dans les rues pour défendre la justice sociale et climatique: le Parti socialiste jurassien vous invite toutes et à tous à participer à la manifestation du 1er mai interjurassien ce dimanche à Moutier. Les revendications sont nombreuses: après deux ans de pandémie, le monde du travail a encore été péjoré: insécurité de l’emploi, augmentation de l’écart entre les revenus, détérioration des conditions de travail,… Cette journée sera aussi l’occasion de marquer notre solidarité avec toutes les personnes touchées par des conflits. La Suisse se doit d’être une terre d’accueil.


Depuis des années, le Parti socialiste jurassien se bat aux côtés des syndicats pour améliorer les conditions de travail, pour l’égalité salariale, pour une meilleure conciliation entre la vie professionnelle et familiale, pour une meilleure intégration,… pour davantage de justice sociale et climatique. Dimanche, des dizaines de milliers de personnes défileront à nouveau dans les rues pour dénoncer les injustices et l’augmentation des inégalités.

La Suisse a une longue tradition de solidarité. Elle s’exerce au-delà des frontières et indépendamment de la nationalité. Notre soutien doit aussi s’exprimer tant dans nos capacités d’accueillir les réfugié.e.s que dans l’aide à apporter sur place aux populations civiles ainsi qu’aux pays voisins grandement mis à contribution. La paix est la condition indispensable à une vie digne. Une intégration réussie passe par des moyens financiers et humains.

Les fins de mois sont de plus en plus compliquées pour les travailleurs et les travailleuses. Ce sont les classes les plus modestes qui subissent de plein fouet les différentes hausses: essence, alimentation, caisse-maladie,… Certaines estimations parlent de 3’000 francs en moins dans le budget d’un ménage pour une année! Il est de notre devoir défendre aujourd’hui l’indexation des salaires, en particulier pour les revenus les moins élevés ainsi que les conventions collectives de travail. Le personnel de santé par exemple, particulièrement impliqué lors des deux dernières années de pandémie, n’a pas reçu de hausse de salaire.


L’accent doit aussi être mis sur la formation: qu’il s’agisse de formation initiale, de validation des acquis ou de formation continue. Le Jura compte, en comparaison intercantonale, un taux important de personnes dont le niveau de formation le plus élevé est la fin de l’école obligatoire. Le PSJ souligne la nécessité d’investir dans ce domaine avec des bénéfices à la fois pour les personnes qui acquièrent ainsi de nouvelles compétences et des opportunités sur le marché du travail et pour le canton en augmentant sensiblement certains revenus et ainsi les rentrées fiscales.


Le PSJ vous invite toutes et tous à participer à la manifestation du 1er mai interjurassien ce dimanche à Moutier: rendez-vous devant la gare dès 11h. L’occasion de manifester votre reconnaissance et votre soutien à l’égard des travailleuses et travailleurs de notre région ainsi que votre solidarité envers toutes les personnes touchées par les conflits.

Delémont, le 29 avril 2022 / pch

Violences éducatives débattues

La deuxième discussion d’entrée en matière sur le plan climat, qui doit notamment permettre la création d’un « fonds climat », était très attendue ce mercredi au Parlement jurassien. Des dizaines de défenseurs de la cause environnementale avait d’ailleurs réservé un accueil en bonne et due forme aux député.e.s, à la suite de la volonté de non-entrée en matière d’une courte majorité d’entre eux lors de la session de mars (détails ici: https://www.psju.ch/2022/03/fonds-climat-la-droite-refuse-le-debat/). Il faut dire que les 13 parlementaires PS n’ont pas eu à raser les murs, eux qui avaient dénoncé en premier la politique d’un autre âge de la droite menée ce jour-là. Cela étant dit, le débat n’a pas pu avoir lieu mercredi, faute de temps. Rendez-vous donc le 18 mai pour ce qui constitue l’un des dossiers chauds de ce printemps.

La motion de Gaëlle Frossard relative à l’interdiction des violences éducatives, si elle a donné lieu à un débat relativement nourri, n’a pas franchi la rampe du Parlement. Même transformé en postulat, le texte de l’élue delémontaine n’a hélas pas convaincu la majorité du plénum. Résultat final : 38 non, contre 20 oui.

En revanche, au bout d’une discussion et d’un vote très disputés, la motion (transformée en postulat) de Loïc Dobler relative à l’harmonisation de la pratique des communes en termes de structures d’accueil de l’enfance et des transports y relatifs a quant à elle été acceptée par 30 oui contre… 29 non !

Au chapitre des questions orales, on relèvera l’intervention de la députée franc-montagnarde Florence Chaignat sur le principe d’égalité femmes-hommes.

Pour donner suite à deux interpellations concernant l’avenir du ceff Artisanat à Moutier, Pierre-André Comte s’est de son côté fendu d’une prise de position très appréciée et commentée à l’issue du plénum.

Dans les interventions déposées, signalons la motion de Jelica Aubry-Janketic qui demande la fin des discriminations contre les personnes sous curatelle de portée générale.

Katia Lehmann demande elle, via une question écrite, des précisions sur l’avance du Concept de pédagogie spécialisée.

Enfin, Pierre-André Comte a déposé une motion sur la souveraineté cantonale.

Delémont, le 28 avril 2022 / Patrick Cerf et Pauline Christ Hostettler

Baisser la taxation des véhicules? NON à une initiative racoleuse

Les Jurassien.ne.s voteront le 15 mai sur l’initiative « Les plaques moins chères ». Si le parti socialiste est favorable à une révision du modèle de taxation des véhicules, il ne saurait accepter que cela se fasse au détriment de prestations indispensables pour la population jurassienne. Or, en sollicitant une baisse massive du prix des plaques pour tous les types de véhicules, cette initiative manque sa cible en esquivant l’enjeu climatique et en produisant un impact négatif sur les finances de l’Etat. « Les plaques moins chères »: le titre est accrocheur voire un brin racoleur à première vue: l’objectif ne laisse pas insensible les automobilistes déjà fortement sollicités ces dernières semaines avec les hausses successives du prix de l’essence. Il importe toutefois de se questionner sur les conséquences d’une diminution des prix des plaques d’immatriculation.


Le système actuel du calcul du prix des plaques, basé uniquement sur le poids, doit être revu pour tenir compte des enjeux climatiques. Nous ne remettons pas cela en cause. Toutefois, et contrairement à ce que promeut l’initiative, certains types de véhicules n’ont pas à bénéficier de rabais, en particulier s’ils ne répondent pas à certains objectifs en fonction de leur taille, de leur poids ou encore de leur rejet de CO2.
Ainsi, si baisser le prix de toutes les plaques a évidemment un effet positif pour les budgets des automobilistes jurassien.ne.s, il s’agit toutefois de le relativiser. Selon les chiffres du TCS, le coût des plaques représente moins de 4% du coût d’entretien d’un véhicule. Par contre, en privant l’Etat jurassien de rentrées de l’ordre de 3 à 6 millions sans aucune proposition de contrepartie, nul doute que cette initiative aura des conséquences sur les prestations délivrées à l’ensemble de la population jurassienne. Quels arbitrages seront alors effectués pour compenser ce manque à gagner ? Faudra-t-il procéder à des choix entre entretien des routes et autres prestations indispensables de l’Etat ?


Par ailleurs, en demandant une baisse pour TOUS les types de véhicules, cette initiative contrevient de fait à son deuxième objectif qui est celui de tenir compte des critères environnementaux. Le réseau des transports public n’est certes pas encore complètement densifié et ne permet pas toujours de renoncer à son véhicule privé ou professionnel, notamment pour les pendulaires et les transports professionnels. Toutefois, les routes sont très chargées voire saturées par endroit. Chaque voiture, en plus de provoquer l’usure du réseau routier, entraîne des nuisances indirectes : bruit, impact environnemental et effets nocifs sur la santé. Aujourd’hui, il y a lieu de mettre en place des conditions cadres qui permettent de renoncer le plus possible à la voiture, qui plus est, dans des trajets en solo.


Enfin, baisser ce type de taxe sans autre objectif que juste celui de « payer moins cher », revient à griller la priorité qui devrait être donnée aux transports publics ou à rouler à contresens sur la voie d’une mobilité plus douce.
Au-delà de la volonté de soulager le porte-monnaie des automobilistes et d’être mieux en phase avec ce qui se pratique en matière de taxe sur les véhicules dans les autres cantons, cette initiative va clairement à l’encontre des intérêts de l’ensemble de la société et ne s’inscrit aucunement dans une politique responsable par rapport à l’urgence climatique. Pour toutes ces raisons, le Parti socialiste jurassien vous invite donc à voter NON à cette initiative.

Delémont, le 26 avril 2022 / Kle + Pch