Quel canton voulons-nous? Analyse des résultats du 1er tour

Lors du Congrès de mardi soir à Porrentruy, les résultats du premier tour de l’élection complémentaire au Gouvernement jurassien ont notamment été analysés. Retrouvez l’allocution de Loïc Dobler, député au Parlement jurassien, ci-dessous.

Chères et Chers camarades,

Il m’a été demandé de procéder à une rapide analyse des résultats du premier tour de cette élection partielle au Gouvernement. Comme toute analyse, elle ne sait prétendre être juste, infaillible ou indiscutable.

Néanmoins, nous pouvons toutes et tous tirer quelques enseignements de ce premier tour:

Déjà, et même si c’est une évidence depuis dimanche, il convient de rappeler que Rosalie et le PSJ sont les vainqueurs de ce 1er tour. Cela d’avait rien d’une évidence au début de cette campagne et c’est sur cet élément-là que nous devons inscrire la dynamique du 2e tour.

J’aimerais également rappeler quelques chiffres qui me paraissent particulièrement parlant à l’issue de ce premier tour:

  • Rosalie termine à 8.5% de la majorité absolue soit 1919 voix. Un score fantastique qui permet à notre candidate de devancer une ancienne Conseillère aux Etats de plus de 800 voix;
  • Dans les trois districts, Rosalie termine avec plus de 40% des voix. Elle est la seule candidate à réussir cet exploit. Preuve qu’elle n’est pas uniquement une candidate ajoulote mais qu’elle réussit à convaincre les francs-montagnards et les vadais également. On peut d’ailleurs noter qu’en pourcentage, Rosalie obtient son meilleur résultat aux Franches-Montagnes avec 46% des suffrages;
  • Notre candidate termine en tête dans 19 communes à savoir: Les Bois, Les Breuleux, Les Genevez, Lajoux, Le Noirmont, Saignelégier, Courchapoix, Courrendlin, Haute-Sorne, Mervelier, Rossemaison, Clos-du-Doubs, Coeuve, Cornol, Courgenay, Courtedoux, Fontenais, Porrentruy et Vendlincourt.
  • Si certaines communes votent habituellement à gauche, ce n’est pas le cas de plusieurs d’entre elles. Là encore Rosalie démontre sa capacité à rassembler au-delà de l’électorat traditionnel du parti socialiste.

Les résultats de ce premier tour démontrent également que nous avons du potentiel d’amélioration dans certaines régions. En particulier à Delémont et sa couronne (à l’exception notable de Courrendlin) et dans une moindre mesure le Haut-Plateau. En Ajoie, Rosalie réalise déjà un résultat impressionnant qu’il convient d’amplifier notamment dans certaines régions qui ne sont certes pas des bastions socialistes mais où l’enjeu de ce deuxième tour doit être clairement explicité: si l’Ajoie veut deux représentants au Gouvernement, elle doit se mobiliser et voter Rosalie! Un vote différent conduira à la perte d’un représentant ajoulot. On peut aimer ou non les réflexes régionalistes, c’est encore une réalité qui pourrait cette fois-ci nous servir.

Il convient également de relever que nous terminons en tête de ce premier tour alors que tous les autres partis gouvernementaux soutenaient la candidature d’Anne Seydoux. Le résultat du 1er tour est donc une grande réussite pour notre candidate et pour le PSJ.

Malgré ces chiffres, j’aimerais ici rappeler qu’en politique, 1+1 ne vaut pas toujours 2. Cela peut faire 3 ou 0. Je m’explique: depuis dimanche, nous assistons à un spectacle désolant. On marchande entre partis politiques, on extrapole, on spécule sur les élections cantonales de cet automne. Les partis tentent avant tout de conserver leur petite parcelle de pouvoir ou se demandent comment obtenir la leur. On propose des alliances allant de l’UDC au PDC et pourquoi pas avec le PCSI. On en appelle à un hypothétique vote utile. On espère obtenir un retour d’ascenseur de la part du PDC cet automne pour faire réélire son ministre. On réfute la proposition de l’UDC après s’être pourtant mis à table avec. J’en passe et des meilleures.

Chères et Chers camarades, ce sont précisément ces marchandages et autres arrangements entre amis qui impliquent le rejet de la politique par une part grandissante de la population. Il faut ici rappeler une évidence: personne n’est propriétaire de ses voix et jamais les Jurassiennes et les Jurassiens n’accepteront qu’on leur dise ce qu’ils ont à faire. Ces tractations symbolisent ce qui ne va pas en politique: les postes avant les idées!

Camarades, nous le savons: la politique, c’est quelque chose de sérieux qui peut être dur, souvent décevant, parfois enthousiasmant! Si elle passionne, c’est parce qu’elle influence sur nos vies quotidiennes. Si je m’engage pour que Rosalie soit élue au Gouvernement, ce n’est pas parce que je veux que le parti socialiste ait absolument deux sièges ou que le PDC en ait un de moins. Si je m’engage derrière notre candidate, ce n’est pas pour savoir si le Gouvernement sera de centre-gauche, de centre-droit ou d’extrême-centre. Tout cela ne rime à rien!

Si je m’engage derrière la candidature de Rosalie, c’est parce que je veux que les choses changent. Parce que le Jura mérite mieux que la situation actuelle. Parce que je rêve de retrouver ce Jura un brin utopiste qui ose dire quand ça ne va pas et qui sait se faire entendre sur la scène nationale. Je rêve d’un Jura qui ne se gère pas à la petite semaine mais qui a une véritable vision d’avenir qui réponde aux enjeux actuels.

Un Jura qui n’attend pas qu’une entreprise privée lui fasse un bilan de ses forces et de ses faiblesses comme certains peuvent le proposer. Un Jura qui ne vit pas avec comme seule ambition politique un livre de comptes et un crayon rouge. Un Jura pour qui les dettes comptables ne sont pas plus importantes que les dettes environnementales que nous laisserons aux générations suivantes.

L’enjeu de cette campagne, camarades, il est là: quel canton voulons-nous? Quelle société voulons-nous?

Peu importe ce que disent les appareils des partis. Nous voulons nous battre pour une société plus juste. Pour un service public fort. Pour un Jura tourné avec l’avenir.

Ce deuxième tour, chères et chers camarades, il sera difficile. Nous aurons besoin de toutes et tous. Camarades, nous pouvons analyser les chiffres de 1012 manières. La seule chose qui compte maintenant, c’est ce deuxième tour. Tout le monde part avec la même ligne avec zéro voix.

Pour gagner, nous devons nous mobiliser de manière totale. Il faut écrire, téléphoner, aller sonner. Discuter et convaincre. Camarades, n’attendez pas que votre voisin de table le fasse: faites-le vous-même!

Après 40 ans, le Jura est à la croisée des chemins. Ou il fera comme tous les cantons en plus petit et en moins bien. Soit il décide de se prendre en mains et de croire en son avenir. C’est le pari que je fais. C’est le parti que nous faisons. Alors au travail et tous derrière Rosalie! Vive le Jura!

Porrentruy, le 11 février 2020 / Loïc Dobler

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